Des services de garde d'urgence 24 heures envisagés

Le gouvernement a ouvert 400 services de garde en milieu scolaire près des hôpitaux, postes de police, casernes de pompiers et autres services essentiels.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Le gouvernement a ouvert 400 services de garde en milieu scolaire près des hôpitaux, postes de police, casernes de pompiers et autres services essentiels.

Les services de garde d’urgence ont commencé à se préparer pour ouvrir 24 heures sur 24. Ils sondent les besoins des parents du réseau de la santé et d’autres services essentiels, appelés à la rescousse contre le coronavirus et qui travaillent de soir, de nuit et les fins de semaine.

Selon ce que Le Devoir a appris, des discussions préliminaires ont pris place au cours des dernières heures pour élargir les heures d’ouverture — tant dans les services de garde éducatifs (pour les 0 à 5 ans) qu’en milieu scolaire.

« Il n’est pas exclu que les heures soient allongées », confirme Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

« On ne sait pas comment la crise va évoluer. Le premier ministre annonce de nouvelles mesures tous les jours. On a dit à nos membres : allez valider les besoins des parents », explique la représentante des CPE.

À l’heure actuelle, les services de garde offrant de tels horaires atypiques sont rares, mais la crise du coronavirus change la donne. Les sources du milieu à qui nous avons parlé, tant dans les CPE qu’en milieu scolaire, s’attendent à une augmentation de la demande dans les prochains jours.

La première journée de ces services de garde destinés aux enfants d’employés du réseau de la santé et d’autres services essentiels — policiers, pompiers, ambulanciers et personnel des services de garde, notamment — a été tranquille. L’AQCPE estime le taux d’occupation entre 10 % et 20 % pour la journée de lundi.

L’affluence dans les services de garde en milieu scolaire a beaucoup varié d’une région à l’aurtre et même d’une école à l’autre, indique Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), qui représente plus de 13 000 éducatrices. Le gouvernement a ouvert 400 services de garde en milieu scolaire près des hôpitaux, postes de police, casernes de pompiers et autres services essentiels.

M. Pronovost déplore l’empressement du gouvernement à mettre sur pied les services de garde d’urgence. « On est prêts à aider, à faire notre part pour la santé publique, mais nos membres sont inquiets pour leur propre santé. Les locaux des services de garde ont-ils été désinfectés depuis la fin des classes la semaine dernière ? Y a-t-il assez de savon, de Purell, de lingettes désinfectantes ? Les parents de ces enfants travaillent dans le réseau de la santé. Ils risquent d’être exposés au virus », dit-il.

Selon lui, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) avait indiqué au syndicat, au cours de la fin de semaine, que les employés de services de garde scolaires seraient choisis sur une base volontaire. Or, leur présence a été obligatoire. « Le monde y serait allé quand même de façon volontaire. On veut aider. Mais on a été surpris d’apprendre en plein point de presse que la présence était obligatoire », dit M. Pronovost.

Le MEES a décliné notre demande d’information à ce sujet lundi.