Coronavirus: les commerces pris d’assaut

Au Maxi de la Promenade Masson, les tablettes de papier hygiénique et de produits désinfectants ont été vidées en peu de temps jeudi soir.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Au Maxi de la Promenade Masson, les tablettes de papier hygiénique et de produits désinfectants ont été vidées en peu de temps jeudi soir.

Le mot semblait s’être donné. Il y avait foule jeudi soir dans les épiceries visitées par Le Devoir, après une journée chaotique en raison du coronavirus. Les tablettes remplies de certaines denrées — des boîtes de conserve aux pâtes alimentaires, en passant par les rayons surgelés et le papier de toilette — se vidaient à vue d’oeil.

« Je suis arrivé à 2 h et depuis 2 h 30, c’est la pagaille », lance dans son bureau surplombant les caisses enregistreuses l’aide-gérant d’un IGA de la Petite-Patrie à Montréal, Benjamin Monette. Les commandes de livraison à domicile se succédaient au rythme incessant des allées et venues de clients. « Ça faisait longtemps que j’avais pas vu ça. C’est pire qu’à Noël ! », s’exclame-t-il. Une sensation d’autant plus étrange que la veille, dit-il, c’était le calme plat.

Idem dans un Maxi à quelques kilomètres de là, rue Masson. Dans cette grande surface, il fallait s’armer de patience : des gens faisaient la file depuis près d’une heure pour payer.

Sur les réseaux sociaux, des internautes documentaient aussi leur périple à l’épicerie, publiant des vidéos de leur attente jusqu’à la caisse. Certains disaient avoir attendu deux bonnes heures, alors que d’autres partageaient des photos de rayons vides.

Benjamin Monette ne cache pas que cette situation fait quelques heureux. Car la journée a été pour le moins profitable : l’épicerie était en voie de dépasser le chiffre d’affaires du dimanche précédent, la journée la plus achalandée de la semaine. « C’est des bonnes ventes pour le magasin, mais on commence à être un peu fatigués », confie-t-il.

Paquets dans les mains, Étienne et Geneviève quittaient l’épicerie lorsqu’il ont été interceptés par Le Devoir. Difficile de ne pas être étonné devant les nombreuses rangées clairsemées, concèdent-ils. Ont-ils eux-mêmes décidé de faire le plein de provisions ? « Pas plus qu’à l’habitude », répond Geneviève. Le couple raconte d’ailleurs ne pas être inquiet outre mesure par la pandémie de coronavirus. « On a acheté de la soupe Lipton si jamais on était malade », blague la jeune femme.

Non loin de l’épicerie, une pharmacie avait elle aussi été prise d’assaut dans la journée. Son rayon de papier de toilette était pratiquement vide. « Si ça continue comme ça, il ne me restera plus rien demain », a confié un commis, alors qu’il effectuait un énième voyage d’approvisionnement depuis l’arrière-boutique.

Bon nombre de clients avaient dans leur panier un paquet de ces tissus désormais fort convoités. Mais là aussi, les gens rencontrés ne cédaient pas à la panique. « Ce sont des courses normales », a assuré l’un d’eux. De toute façon, il ne reste plus de liquide désinfectant ».

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