Au procès d’Éric Salvail, la Couronne veut entendre d’autres témoins

Éric Salvail à son arrivée au palais de justice de Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Éric Salvail à son arrivée au palais de justice de Montréal

Le procès d’Éric Salvail n’est pas terminé : la Couronne a annoncé mercredi qu’elle souhaite déposer une contre-preuve pour répondre au témoignage de l’ancien animateur et producteur.

La procureure Amélie Rivard a souligné au juge Alexandre Dalmau qu’elle aimerait faire entendre « trois ou quatre témoins » de plus. Elle plaidera sa cause le 30 avril : le juge Alexandre Dalmau décidera ensuite s’il accepte d’entendre cette contre-preuve.

Éric Salvail fait face à trois chefs d’accusation : harcèlement, agression sexuelle et séquestration, cela pour des faits qui se seraient produits entre avril et octobre 1993 dans la tour de Radio-Canada.

La victime présumée, Donald Duguay, a témoigné avoir été victime d’un harcèlement « incessant » de la part de M. Salvail alors que les deux travaillaient pour la société d’État. Commentaires « grivois », exhibitionnisme, acte indécent (masturbation) « pognages de fesses » auraient été le prélude à une agression sexuelle survenue dans une toilette.

Dans son témoignage, Éric Salvail a pour sa part nié en bloc les différentes allégations de Donald Duguay, qualifiant de « farfelu » le récit de l’agression fait par ce dernier.

Il a été moins affirmatif en ce qui concerne la possibilité de lui avoir fait des commentaires déplacés à connotation sexuelle. « Ça aurait pu arriver », avait-il dit en reconnaissant qu’il faisait souvent des commentaires de ce type dans « l’environnement libéral » dans lequel il évoluait. Mais selon lui, il n’a jamais franchi « la ligne » qui démarque des « commentaires pour s’amuser » et le moment « où on tombe [dans le] harcèlement, l’agression ».

Il avait aussi soumis des documents démontrant qu’il ne travaillait pas directement avec Donald Duguay au moment de la plupart des faits allégués.

Jusqu’ici, son procès devant juge seul a duré quatre jours. Éric Salvail a perdu en octobre 2017 tous ses contrats et commanditaires à la suite d’une enquête de La Presse détaillant de multiples inconduites sexuelles.

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