Une pétition est lancée pour étendre la loi 101 au niveau collégial

La pétition mentionne spécifiquement que «la non-application de la loi 101 au cégep est la plus grande porte ouverte à l’anglicisation au Québec».
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir La pétition mentionne spécifiquement que «la non-application de la loi 101 au cégep est la plus grande porte ouverte à l’anglicisation au Québec».

Pour fourbir ses armes en prévision des débats à venir, le Mouvement Québec français lance une pétition pour étendre la portée de la loi 101 au niveau collégial.

Cette question est revenue dans l’actualité après la controverse qui a entouré l’ouverture par le Cégep Gaspé et des Îles d’un campus anglophone à Montréal et le projet de cégep bilingue à Vaudreuil-Dorion. De plus, le gouvernement Legault a évoqué l’automne dernier la possibilité de renforcer la Charte de la langue française, lui qui a déjà réinvesti en francisation des immigrants.

C’est dans ce contexte que le Mouvement Québec français a choisi de lancer une pétition sur le site loi101aucegep. quebec.

Dans ce débat, on a souvent évoqué la question du français langue de travail et celle du français langue des institutions publiques, mais celle du français dans les établissements collégiaux est aussi « un enjeu névralgique », a plaidé en entrevue Maxime Laporte, président du Mouvement.

« Le collégial français est en voie de minorisation dans l’île de Montréal », estime M. Laporte.

La pétition mentionne spécifiquement que « la non-application de la loi 101 au cégep est la plus grande porte ouverte à l’anglicisation au Québec » et que « les inscriptions dans les programmes préuniversitaires anglophones, à Montréal, sont en voie de surpasser celles des cégeps français ».

« Il faut cesser de financer par nos propres fonds publics l’anglicisation du réseau collégial, l’anglicisation de la région métropolitaine », martèle M. Laporte.

À ceux qui disent qu’il faut accepter le fait que l’anglais est devenu la langue seconde dans la plupart des pays du monde, en cette ère de mondialisation, M. Laporte réplique que « le poids hégémonique de l’anglais en Occident, c’est une constante dans tous les pays et, pour autant, les pays, collectivement ou institutionnellement, ne s’anglicisent pas ».

« On peut apprendre l’anglais à titre individuel, mais ça ne veut pas dire que l’ensemble de la société, l’ensemble de nos institutions doivent s’angliciser, au contraire. Dans plus d’une centaine de pays et d’États à travers le monde, il y a des lois linguistiques qui visent à s’assurer que la langue de ces pays, la langue nationale soit respectée, qu’elle constitue la véritable langue commune et officielle de ces pays-là », plaide encore M. Laporte.

Et à ceux qui vantent le bilinguisme, voire le trilinguisme, M. Laporte souligne que « le Québec est déjà l’une des sociétés les plus bilingues anglais-français au monde ».

Le Mouvement Québec français souhaite aussi se servir de cette pétition comme outil de mobilisation autour des questions linguistiques.