Le coronavirus fait un premier mort au Canada

Lundi, une première clinique vouée expressément au dépistage de la COVID-19 a ouvert ses portes dans l’ancienne urgence de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Trois infirmières et un médecin y prodigueront des services douze heures par jour.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lundi, une première clinique vouée expressément au dépistage de la COVID-19 a ouvert ses portes dans l’ancienne urgence de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Trois infirmières et un médecin y prodigueront des services douze heures par jour.

La maladie COVID-19 a fauché une vie au Canada. La victime est un homme qui habitait dans une résidence pour personnes âgées de la région de Vancouver, ont annoncé lundi les autorités de santé publique de la Colombie-Britannique. Il s’agit vraisemblablement du premier décès lié au nouveau coronavirus au pays.

On savait depuis la fin de semaine que deux aînés du Lynn Valley Care Centre souffraient de la COVID-19. La Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la province, a jugé lundi que le décès, survenu tard dimanche soir, est particulièrement préoccupant, car il découle d’une transmission de personne à personne dont on ne connaît pas l’origine.

À Ottawa, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, s’est dite « profondément attristée » par la mort d’une première victime de la COVID-19. Et elle n’a pas nié que d’autres décès pourraient suivre.

« C’est toujours horrible d’envisager davantage de décès. Mais certaines populations sont extrêmement vulnérables », a dit la ministre, en rappelant que les symptômes d’une infection au coronavirus seront probablement légers pour plusieurs malades, mais que la maladie risque d’être plus dangereuse pour les personnes âgées et celles souffrant de maladies respiratoires ou de problèmes sous-jacents.

 
79
C’est le nombre de cas d’infection au coronavirus au Canada, dont cinq au Québec.

Selon un récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé, 3,8 % des cas confirmés en Chine en date du 20 février se sont soldés par un décès. Chez les personnes de 80 ans et plus, cette proportion s’établit à 21,9 %. La ministre Hajdu a fait valoir que l’adoption par toute la population de bonnes habitudes, comme se laver les mains souvent, freine la contagion et protège les gens « qui comptent sur nous, car ils n’ont pas le luxe d’être en bonne santé ».

En date de lundi, 72 cas de COVID-19 avaient été confirmés au Canada, soit 7 de plus que la veille. On en comptait 34 en Ontario, 27 en Colombie-Britannique, 7 en Alberta et 4 au Québec (un cinquième cas a été confirmé par la suite).

Le gouvernement fédéral a offert son soutien financier et technique aux provinces dans la triste aventure. En vue de la rencontre fédérale-provinciale qui se tiendra à Ottawa jeudi et vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a d’ailleurs invité ses homologues à l’informer de leur « état de préparation et de tout problème d’approvisionnement ou de capacité ».

Haro sur les croisières

À Ottawa, l’Agence de la santé publique du Canada a recommandé lundi aux Canadiens d’éviter les croisières. En raison de la promiscuité et de la présence de passagers provenant de plusieurs régions du monde, de sévères éclosions sont survenues sur plusieurs de ces navires.

D’ailleurs, le navire Grand Princess — où on a détecté une vingtaine de cas de COVID-19 — a accosté lundi au port d’Oakland, en Californie. Parmi les 237 passagers canadiens, ceux ne présentant pas de symptômes seront rapatriés (aux frais de la compagnie Holland America), puis mis en quarantaine sur la base militaire de Trenton, en Ontario. Les autres demeureront aux États-Unis, où ils feront l’objet d’une évaluation plus approfondie.

Maintenant qu’Ottawa déconseille officiellement les voyages en croisière, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a expliqué que la prise en charge par le gouvernement d’éventuels rapatriements de cette ampleur serait évaluée au « cas par cas » et que « le gros bon sens s’appliquerait ». « Je pense que les gens […] comprennent [qu’on] vient de donner un avis formel que ce n’est pas dans l’intérêt des gens de voyager [sur un bateau de croisière] présentement », a-t-il indiqué.

Cette annonce aura évidemment des répercussions pour les détenteurs de forfaits qui doivent bientôt quitter le pays. Déjà, plusieurs compagnies de croisière offrent un crédit à leurs clients désirant annuler leur voyage. Chez Air Transat, on autorise tous les clients ayant réservé un forfait croisière à modifier la date ou la destination de leur voyage (y compris les vols).

Des cliniques de dépistage au Québec

Au Québec, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a annoncé lundi l’ouverture de cliniques vouées expressément au dépistage de la COVID-19. Les patients qui craignent d’être infectés par la maladie, particulièrement ceux revenant d’une région du monde où le virus abonde, sont invités à composer le 811 afin de parler à un agent d’Info-Santé. Si ce dernier évalue que la situation l’impose, le patient obtiendra un rendez-vous dans l’une des cliniques de dépistage, où on procédera à des prélèvements.

« En fonction de leur historique d’exposition et de leur état de santé, certaines personnes pourraient [ensuite] être invitées à entamer une période d’isolement volontaire, et d’autres pourraient être hospitalisées dans l’un des quatre centres désignés pour la COVID-19 », a détaillé la sous-ministre, Lucie Opatrny.

Déjà lundi, une première clinique a ouvert ses portes dans l’ancienne urgence de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Trois infirmières et un médecin y prodigueront des services douze heures par jour. Une autre clinique commencera ses opérations mercredi à Québec (dans un local adjacent à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec) et lundi 16 mars à Longueuil (à la clinique Azur). D’autres cliniques seront établies au besoin.

Ces derniers temps, environ 30 Québécois par jour ont subi un test permettant de détecter une éventuelle contagion au coronavirus. Seulement grâce à la clinique de dépistage de Montréal, on pourra évaluer dorénavant l’état de 60 à 80 patients par jour.

Avec Marie Vastel et La Presse canadienne


Plus de 110 000 cas dans le monde

Ailleurs dans le monde, le coronavirus continue de se propager. Tous les pays de l’Union européenne sont désormais touchés, Chypre ayant annoncé ses deux premiers cas lundi. L’Italie reste la plus affectée et multiplie les mesures de confinement pour lutter contre le virus qui a fait 97 nouveaux décès lundi. Le bilan est de 9172 cas et de 463 décès. La France compte plus de 1400 cas et 25 morts, tandis que l’Allemagne dénombre 1112 cas et déplore deux premiers décès.

Par ailleurs, les mesures s’intensifient à travers l’Europe. La Bulgarie a ordonné la fermeture des salles de spectacles et de cinémas, la Pologne a renforcé les contrôles aux frontières et l’Espagne a fermé plusieurs écoles. La Roumanie a interdit les rassemblements de plus de 1000 personnes et la Slovénie ceux de plus de 100 personnes.

Aux États-Unis, le bilan est monté à 600 cas et 26 morts.

En Iran, la maladie a aussi connu une forte progression avec 600 cas de plus en 24 heures, portant le bilan à 7161 cas et 237 décès.

De meilleures nouvelles du côté de la Corée du Sud, qui a annoncé son plus faible nombre quotidien de nouvelles contaminations (248) en deux semaines, portant le total à 7513, dont 54 décès.

Et la Chine continentale, où l’épidémie s’est déclarée, semble sortir de l’ornière avec seulement 22 décès en 24 h (3119 en tout) et une progression quotidienne de la maladie (40 cas) au plus bas depuis janvier.

Depuis le début de l’épidémie, le coronavirus a fait 113 200 cas à travers 101 nations, et 4011 morts. « La menace d’une pandémie » est « devenue très réelle », selon l’Organisation mondiale de la Santé.

Agence France-Presse
1 commentaire
  • Jean Hamelin - Abonné 10 mars 2020 12 h 03

    Cellule de crise

    Pendant qu' Ottawa fait son gouvernement responsable avec son son comité sur la crise du conoravirus à l' aéroport trudeau des avions en provenance de pays contaminés pas plus de mesure contraignante comme si il n' y avait pas de problème quand je vois les personnes sur ce comité Mélanie Joly freeland,etc j' ai un gros doute j' imagine comme avec la crise ferroviaire Justin va nous dire nous travaillons très fort pour les canadiens et canadiennes et demandons d' être patient wake up .