Pornhub doit fermer, scandent des manifestants

Une cinquantaine de personnes ont protesté dimanche devant le siège social de MindGeek, l’entreprise à qui appartient Pornhub.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Une cinquantaine de personnes ont protesté dimanche devant le siège social de MindGeek, l’entreprise à qui appartient Pornhub.

Des dizaines de manifestants ont réclamé la fermeture du plus grand site pornographique au monde Pornhub à l’occasion de la Journée internationale des femmes à Montréal, dimanche. Ils accusent son propriétaire, MindGeek, d’encourager l’exploitation sexuelle des femmes et des adolescentes.

« Pornhub, plateforme du viol », « MindGeek, trafiquants ». Munis de leurs pancartes, les manifestants se sont donné rendez-vous vers 13 h dimanche dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, juste devant le siège social mondial de MindGeek, l’entreprise à qui appartient Pornhub.

« Fermez-le, fermez-le ! » « Honte à vous », ont crié à tue-tête les participants, majoritairement anglophones, encouragés par le klaxon des voitures passant sur le boulevard Décarie.

Rappelons que Pornhub est sous le feu des critiques depuis plusieurs mois. Plusieurs femmes, victimes de pornographie rancunière — dite « revenge porn » —, ont dénoncé la publication de vidéos les mettant en scène sur le site Internet et critiqué le fait que MindGeek n’ait jamais demandé leur consentement avant d’accepter le contenu sur sa plateforme.

Plus récemment, un article de la BBC a révélé qu’une vidéo du viol d’une adolescente se serait également retrouvée sur le site pour adultes.

Une pétition a été mise en ligne dans la foulée pour réclamer la fermeture du site Internet. En date de dimanche, elle avait déjà récolté plus de 384 000 signatures.

Exploitation sexuelle

Pour Megan Walker, directrice générale du London Abused Women’s Shelter en Ontario et organisatrice du rassemblement à Montréal, Pornhub encourage la pornographie infantile et vient même banaliser les violences faites aux femmes, dans le but de générer des profits.

« [Cette situation] mène à de nombreux cas d’exploitation sexuelle, de trafic, de torture et de décès chaque année. Doit-on rappeler que l’exploitation et le trafic sexuels sont illégaux ? » a-t-elle dénoncé devant des manifestants gonflés à bloc.

« Il est scandaleux que Pornhub ait partagé des vidéos à caractère sexuel impliquant des filles d’âge mineur », a renchéri la sénatrice indépendante Julie Miville-Dechêne, qui était présente au rassemblement. La sénatrice est membre du Groupe parlementaire multipartite pour combattre l’esclavage moderne et la traite des personnes.

Si elle ne cherche pas à faire fermer Pornhub, elle presse MindGeek de trouver des solutions pour mieux sécuriser son site et prévenir la mise en ligne de pornographie juvénile. « À l’ère du mouvement #MoiAussi, l’obtention du consentement de chaque participant est essentiele, a poursuivi Mme Miville-Dechêne. Même si ça prend du temps et que c’est plus compliqué, c’est la responsabilité de MindGeek. »

Elle s’est dite prête à examiner avec d’autres parlementaires les lois qui existent présentement pour essayer de mettre « une fin à cette réalité troublante ».

De son côté, Megan Walker presse directement le gouvernement canadien d’agir pour changer la situation. « Il n’y aura pas d’égalité des genres, tant que les violences sexuelles seront considérées comme normales », a-t-elle ajouté.

Pornhub est le site pour adultes le plus visité dans le monde et fonde son succès sur le libre accès des internautes à son contenu. Chaque année, 6 millions de vidéos sont mises en ligne et génèrent plus de 42 milliards de visionnements. Pornhub est souvent qualifié de « YouTube de la pornographie ».


 
8 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 9 mars 2020 02 h 10

    Furies et Mégères unissez-vous!



    Combattez l'œuvre du Malin qu'est la luxure, dénoncez ceux qui se vautrent dans le stupre…

    Pour ma part, j'attends le ressac qui submergera ces dégoulinantes bondieunaiseries-là.

    • S. A. Samson - Abonnée 9 mars 2020 09 h 27

      Pour ma part je me serais attendue à plus d'intelligence et de jugement autant dans votre titre que votre texte. La dénonciation qui y est faite dans l'article vise la sécurité et la respect de jeunes personnes dans un milieu souvent dégradant et même humiliant pour de nombreux jeunes..

    • Hélène Lecours - Abonnée 9 mars 2020 10 h 01

      Un utilisateur? Que voulez-vous dire monsieur?

  • Serge Lamarche - Abonné 9 mars 2020 04 h 47

    Manif anglaise

    La loi 101 devrait s'appliquer à ces manifestations. Des pancartes unilingues anglaises?! Des femmes qui veulent vaincre les abus mais en font elles-mêmes.
    Le plus grand site porno au monde est au Québec? Wow.
    S'il s'y trouve des vidéos de crimes, n'est-ce pas pratique pour la police? Des évidences de crimes disponibles sur demande.
    Si tous les criminels pouvaient filmer leurs méfaits et les afficher en ligne, ce serait le paradis sur terre assez rapidement.

  • Denis Marseille - Inscrit 9 mars 2020 08 h 52

    Hé bien...

    Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Porquoi se servir de la journée de la femme pour parler d'abolition des genres? Abolir la journée serait plus simple selon moi. Nous pourrions avoir 365 jours des humains. Serait-ce assez merveilleux pour tous.

    Je pense aussi que Julie Miville Dechêne devrait prendre la place d'une de ses jeunes filles de 18 ans qui ne sont plus des enfants en passant mais juste des anorexiques qui ont retardé leurs développement en ne mangeant pas convenablement. Une banane, c'est nourrissant!

    Je pense que la sensualité d'un corps qui se dégrade lentement au fil des ans est aussi tentant si la personne qui le porte en prend conscience elle-même. Il faut en finir avec cette aberration de vouloir maintenir la femme dans un rôle de bobonne non sexuées. Et si nous les hommes refusions le jeu des préliminaires juste pour nous affirmer? Que serions-nous à vos yeux? Des goujats sûrement et vous auriez raison.

    Pour les fémistes, l'homme est souvent perçus comme une menace à la jeunesse et un jouet pour les matantes de fond de ruelles. Aucun entre deux... Noir et blanc comme dans un téléroman et je comprends la nouvelle génération de femmes de ne plus vouloir suivre celles qui s'habillent chez Reithmans...

  • Yves Corbeil - Inscrit 9 mars 2020 08 h 57

    Une société libre, totalement libre de ses choix

    Ça ne fait pas de manifestations pour restreindre ceux-ci.

    Non, une société libre et ouverte ça éduque et enseigne la vie.

    Est-ce qu'après avoir atteint cette liberté dans nos choix, on veut maintenant re-installer des barrières. Nous savons tous que des pièges, il y en a une quantité astronomique au fil d'une vie et le pourcentage de ceux qui tombe est minime. Nous pouvons toujours l'améliorer en continuant à mieux éduquer et mieux enseigner.

    Pour les millieux défavorisés, l'école avec des investissements subtantiels devraient rétrécir l'écart avec les autres jeunes qui ne veulent surement pas perdre leur liberté. Ce n'est pas une nouvelle chasse aux sorcières qu'il faut mais plus d'éducation et d'encadrement.

    C'est ça le prix de la liberté et personne veut en perdre.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 9 mars 2020 22 h 45

    «Un utilisateur? Que voulez-vous dire monsieur?» (Hélène Lecours)

    Madame,

    Pour que vous puissiez lire ce que j'avais à dire, il aurait fallu que ma réplique soit au goût du clergé pour qu'elle soit publiée.