Québec compte aider les parents d’adultes handicapés

À l’heure actuelle, le gouvernement soutient les parents d’enfants handicapés, entre autres, avec les allocations familiales et le supplément pour enfant handicapé.
Photo: Agence France-Presse À l’heure actuelle, le gouvernement soutient les parents d’enfants handicapés, entre autres, avec les allocations familiales et le supplément pour enfant handicapé.

Le budget de mardi prochain doit inclure des sommes pour venir en aide aux parents de handicapés adultes qui réclament, depuis des années, un soutien financier comparable à celui des familles d’accueil.

Le ministre responsable des services sociaux, Lionel Carmant, en a donné l’assurance à l’organisme Parents pour toujours, qui défend cette cause depuis 2016.

Sa fondatrice, Marie-France Beaudry, a d’ailleurs été invitée à se rendre à Québec mardi pour assister à la présentation du budget.

Jointe vendredi, elle était aux anges. « On sait qu’il y a une somme qui est réservée pour nous dans le budget pour soutenir financièrement nos familles », a-t-elle déclaré au Devoir. « On a bien hâte de voir le résultat la semaine prochaine. »

À l’heure actuelle, le gouvernement soutient les parents d’enfants handicapés avec les allocations familiales, le supplément pour enfant handicapé et, dans certains cas, le supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels. Or, cette aide est suspendue lorsque l’enfant atteint 18 ans.

Mme Beaudry n’a pas été mise au courant des détails et des critères du programme qui leur viendra en aide, mais on peut estimer qu’il en coûterait jusqu’à 200 millions de dollars par année puisque environ 20 000 familles sont dans cette situation et que le ministre a déjà dit publiquement qu’il estimait à 10 000 $ l’écart entre leurs revenus et celui des familles d’accueil.

Une grosse différence

Mère d’un garçon atteint de spina-bifida, d’une malformation cardiaque et d’un retard de développement, Mme Beaudry a dû arrêter de travailler en 2008 pour prendre soin de son fils à la maison.

« Moi, je suis monoparentale depuis très longtemps. Donc, c’est sûr que, côté financier, ça ne vole pas très haut. Je reçois des messages de gens qui perdent leur maison, qui flambent toutes leurs économies pour leur enfant. […] C’est beaucoup de pression financièrement pour au moins arriver à avoir la base, bien vivre. »

On sait qu’il y a une somme qui est réservée pour nous dans le budget pour soutenir financièrement nos familles. On a bien hâte de voir le résultat la semaine prochaine. 

Âgé de 27 ans, son fils, André, se déplace en fauteuil roulant. Il ne parle pas, et ne peut pas s’habiller ou faire sa toilette seul. « C’est un petit garçon qui est très agréable, son caractère, c’est très bien, mais il a besoin de soins particuliers plusieurs fois dans la journée. »

Avec l’aide attendue du gouvernement, Mme Beaudry espère pouvoir s’acheter un véhicule adapté et n’exclut pas de retourner sur le marché du travail comme adjointe administrative. « C’est sûr que c’est quelque chose que je regarde sérieusement. »

Un dossier embarrassant

Lors de la campagne électorale de 2018, la Coalition avenir Québec (CAQ) s’était engagée à « rétablir un équilibre entre l’aide versée aux familles naturelles et aux familles d’accueil de handicapés mineurs et majeurs ».

De plus, lorsqu’il était dans l’opposition, l’actuel président de l’Assemblée nationale, François Paradis, avait dénoncé la situation de ces familles aux côtés de Parents pour toujours dans les corridors du Parlement.

Le lendemain du budget de l’an dernier, le gouvernement s’était retrouvé dans l’embarras parce qu’il n’avait pas respecté une autre promesse à l’endroit des parents d’enfants lourdement handicapés. Toute la journée, les chaînes d’information continue avaient diffusé en boucle des reportages où des familles dénonçaient l’absence au budget d’un 22 millions de dollars qu’on leur avait promis.

À un certain moment, la fondatrice de Parents pour toujours a craint, elle aussi, que le gouvernement ne respecte pas ses promesses, ce qu’elle n’a pas manqué de dénoncer au printemps et à l’été derniers dans les médias.

Or, les échanges avec le cabinet du ministre Carmant se sont intensifiés depuis. M. Carmant et la ministre de la Santé, Danielle McCann, sont d’ailleurs venus à tour de rôle la voir chez elle à Gatineau. « Mon impression a été très bonne. Le ministre Carmant veut vraiment livrer la marchandise. On voit que ça lui tient à coeur. »