Les masques, un équipement précieux

Le réseau de la santé est loin d’une pénurie, a précisé la ministre McCann, son ministère travaillant «depuis des semaines» pour l’équiper adéquatement en vue d’une propagation rapide du virus. «On a ce qu’il faut, mais il faudra gérer de façon très rigoureuse.»
Photo: Martin Mejia Associated Press Le réseau de la santé est loin d’une pénurie, a précisé la ministre McCann, son ministère travaillant «depuis des semaines» pour l’équiper adéquatement en vue d’une propagation rapide du virus. «On a ce qu’il faut, mais il faudra gérer de façon très rigoureuse.»

Bien que le Québec semble pour l’heure à peu près épargné par la propagation du coronavirus, le gouvernement exige du réseau de la santé une gestion plus serrée de son stock de masques respiratoires de type N95, désormais sous étroite surveillance.

« On a demandé aux établissements de mettre sous clef — ou sous surveillance — les masques et les équipements de protection pour éviter qu’ils soient utilisés pour d’autres usages », a fait savoir mercredi en point de presse la ministre de la Santé, Danielle McCann.

À la question d’un journaliste qui souhaitait savoir s’il y avait eu, par exemple, des vols de masques dans les hôpitaux récemment, la ministre s’est montrée évasive. Leur utilisation a été « inégale » d’un établissement à l’autre, « pour toutes sortes de raisons », a-t-elle répondu. « Maintenant, on lance un message clair pour dire que ces masques-là doivent être utilisés adéquatement. »

Le réseau de la santé est toutefois loin d’une pénurie, a-t-elle précisé, son ministère travaillant « depuis des semaines » pour l’équiper adéquatement en vue d’une propagation rapide du virus. « On a ce qu’il faut, mais il faudra gérer de façon très rigoureuse. »

Le directeur général adjoint de la protection de la santé publique, Yves Jalbert, a de son côté rappelé que le port du masque n’est recommandé qu’aux personnes malades ou présentant des symptômes de fièvre ou de toux. « On comprend que dans les médias, tout le monde a vu des rues dans des pays étrangers où des gens circulent et ils sont presque tous masqués. On l’a beaucoup vu, c’est une image forte, mais on voudrait répéter que ce n’est pas nécessairement ce qu’on veut voir ici », a-t-il plaidé.

 
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C’est le nombre de personnes à travers le monde qui ont été infectées par le coronavirus. De ce nombre, 3285 sont mortes

La population doit néanmoins redoubler de prudence, a ajouté le médecin, en se lavant régulièrement les mains, entre autres. À éviter : la bise et les poignées de mains, de même que des contacts avec des proches plus vulnérables — généralement les personnes âgées ou celles souffrant déjà de maladies respiratoire ou cardiovasculaire.

Les gens revenant d’un séjour à l’étranger doivent, de leur côté, surveiller de près leur état de santé, et contacter en cas de doute Info-Santé au 811, a renchéri la ministre McCann. Pour ceux revenant d’Iran, une période d’isolement volontaire de deux semaines est demandée tant par le Québec que par le Canada.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a écarté mercredi la possibilité d’étendre cette recommandation aux voyageurs venant d’autres pays touchés. « Même si cela pourrait sembler paradoxal, plus le nombre de pays touchés augmente, moins les frontières sont utiles. Le virus ne connaît pas de frontières », a-t-elle soutenu.

Le Québec compte pour l’instant un seul cas de COVID-19, confirmé vendredi dernier. Il s’agit d’une Montréalaise de 41 ans qui poursuit sa quarantaine chez elle après avoir été transportée à l’Hôpital général juif mardi pour un nouvel examen. Jeudi, l'existence d'un autre cas probable dans la province a été annoncée par le ministère de la Santé.

En date du 4 mars, 33 personnes étaient toujours sous la loupe des autorités — faisant preuve « d’une grande coopération », dit Danielle McCann en insistant — et 203 cas potentiels se sont avérés négatifs.

Si les risques d’une propagation restent encore « faibles » au Québec, la ministre de la Santé compte ajouter des cliniques à la liste des quatre établissements désignés pour faire face à l’épidémie, sans fournir plus de détails. Les régions de Montréal et de Québec sont priorisées.

Québec a par ailleurs mis sur pied un comité interministériel et entend mener un point de presse chaque semaine pour tenir la population informée.

Le fédéral a lui aussi créé un comité sur le COVID-19 afin de suivre les effets du virus sur la santé des Canadiens et l’économie du pays. Présidé par la vice-première ministre Chrystia Freeland, il s’est réuni pour la première fois mercredi, mais aucune décision n’a encore été prise.

La réunion a surtout permis de faire le point sur l’impact économique du virus, a fait savoir Mme Freeland. La coopération avec les provinces a également été abordée par les membres du comité. Ceux-ci sont désormais « prêts à réagir aussi vite que nécessaire », a-t-elle déclaré.

Au moment où ces lignes étaient écrites, 33 cas de COVID-19 ont été confirmés au Canada : 20 en Ontario, 12 en Colombie-Britannique et un seul au Québec.

Avec La Presse canadienne

Les voitures de métro seront lavées plus souvent

L’intérieur des voitures du métro de Montréal sera désormais lavé toutes les semaines, a fait savoir mercredi la Société de transport de Montréal (STM). Les préoccupations concernant le COVID-19 ont accéléré l’application d’un nouveau protocole de lavage intérieur des trains du métro que la STM prévoyait de lancer ultérieurement. Ainsi, les éléments intérieurs des voitures de métro seront nettoyés au moins une fois tous les sept jours. Auparavant, l’intérieur des trains était plutôt lavé selon une fréquence de cinq à six semaines. La STM a par ailleurs indiqué que le protocole de nettoyage des autobus, qui se fait une fois tous les 42 jours, ne serait pas modifié. À Toronto, la Commission de transport de Toronto (TTC) procède de façon quotidienne au nettoyage des surfaces à l’intérieur du métro, des autobus et des tramways. L’opérateur de trains de banlieue, Go Transit, fait de même avec ses véhicules. L’Ontario est cependant aux prises avec 20 cas confirmés de COVID-19 contre 1 cas au Québec.

Jeanne Corriveau