Plus de visibilité pour les femmes en affaires

Jean-François Venne Collaboration spéciale
«Les femmes propriétaires ou dirigeantes d’entreprises reçoivent assez peu de visibilité et nous jugions important de les identifier et de les faire connaître», indique Déborah Lévy, rédactrice en chef et directrice de «Premières en affaires».
Photo: Getty Images «Les femmes propriétaires ou dirigeantes d’entreprises reçoivent assez peu de visibilité et nous jugions important de les identifier et de les faire connaître», indique Déborah Lévy, rédactrice en chef et directrice de «Premières en affaires».

Ce texte fait partie du cahier spécial Journée internationale des femmes

Le magazine Premières en affaires a publié en janvier dernier le premier palmarès exclusivement consacré aux entreprises dirigées par des femmes. Elle en a recensé plus de 50 générant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à cinq millions de dollars, dont une dizaine affichent un revenu annuel de plus de 50 millions de dollars. Certaines sont de grande taille, comme Coffrages Synergie, Germain Hôtels, Logistec et Roy, qui comptent toutes plus de 500 employés. On y découvre aussi des étoiles montantes et de jeunes pousses.

« Les femmes propriétaires ou dirigeantes d’entreprises reçoivent assez peu de visibilité et nous jugions important de les identifier et de les faire connaître », indique Déborah Lévy, rédactrice en chef et directrice de la publication. Ce constat venait notamment du fait que seulement 8 % des PME présentées dans le classement annuel Les Affaires des 300 plus grandes PME du Québec étaient détenues ou dirigées par des femmes. C’était le cas d’à peine 4 % des sociétés cotées à la Bourse de Toronto (TSX), selon les données recensées par le cabinet d’avocats Osler, Hoskin & Harcourt.

Créer des modèles

Présenté par la Caisse de dépôt et placement du Québec, le palmarès a été réalisé en collaboration avec Inno-centre, l’École de gestion John-Molson et le Réseau des femmes d’affaires du Québec, à partir de données récoltées par la firme Léger. Il ne s’agissait pas de classer, mais plutôt de recenser les entreprises des femmes. Le document offre aussi des détails sur leur nombre d’employés, leur revenu annuel, leur secteur d’activité et leurs marchés.

Le résultat est riche d’enseignements. On y découvre par exemple que 21 % de ces firmes évoluent dans le secteur manufacturier, loin d’être traditionnellement associé aux femmes. Moins d’un tiers (29 %) d’entre elles ont leur siège social à Montréal, ce qui témoigne de la vitalité de l’entrepreneuriat féminin en région.

Par ailleurs, près de sept sur dix exercent des activités commerciales dans tout le Canada. Environ la moitié des cinquante premières sociétés exportent aux États-Unis et une quinzaine brassent des affaires en Europe ou ailleurs dans le monde. « Le palmarès montre que les femmes contribuent au développement économique du Québec, elles sont loin d’en être exclues », ajoute Mme Lévy.

Au-delà des chiffres, le document contient de nombreux témoignages de dirigeantes d’entreprises, telles Julie Roy (Roy), Nancy Simoneau (Groupe Simoneau) et Geneviève Paris (Paber Aluminium). Cela aide à saisir leur vision du risque, du succès, du mentorat ou encore de la croissance. L’objectif du palmarès ne se limite donc pas à renseigner, il vise également à inspirer les femmes et à nourrir le feu de l’entrepreneuriat chez elles.

« C’est important pour les femmes de voir des modèles d’entrepreneuriat féminin, de comprendre que les craintes qu’elles ressentent ou les freins qu’elles rencontrent, d’autres les affrontent aussi et arrivent à les surmonter et à connaître de grandes réussites », soutient Mme Lévy.