Eustachio Gallese avait planifié le meurtre de Marylène Lévesque

Marylène Lévesque a été tuée à coups de couteau, le 22 janvier, par Eustachio Gallese, dans une chambre de motel de Québec.
Photo: Facebook Marylène Lévesque a été tuée à coups de couteau, le 22 janvier, par Eustachio Gallese, dans une chambre de motel de Québec.

Jaloux et se sentant rejeté, Eustachio Gallese a poignardé Marylène Lévesque à une trentaine de reprises lors de leur dernière rencontre le 22 janvier. L’homme d’une cinquantaine d’années a plaidé coupable jeudi à une accusation de meurtre prémédité au palais de justice de Québec. Il purge maintenant une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Lorsque le juge Louis Dionne de la Cour supérieure lui a demandé s’il avait des observations à faire avant de quitter le palais de justice pour retourner dans sa cellule, Eustachio Gallese a répondu : « Non, tout a été dit. »

Menotté, l’accusé avait souvent la tête baissée durant sa comparution et répondait aux questions du juge d’une voix à peine audible. Ce sont des aveux qu’il a faits aux policiers qui ont changé la nature des accusations portées contre lui. Il avait d’abord été accusé de meurtre non prémédité.


« L’enquête a tourné lorsque M. Gallese a fait une déclaration incriminante le 6 février, a indiqué le procureur de la Couronne, Me Jean-Philippe Lanthier, en mêlée de presse. Les policiers sont allés rencontrer M. Gallese qui a fait certains aveux tant au niveau de la préméditation que du meurtre en tant que tel. »

« Si j’avais un livre à écrire, le titre serait “Chronique d’une mort annoncée” », a affirmé l’avocat du meurtrier en précisant que cela n’excusait pas le geste de son client. « Comment une institution censée protéger la société a pu échapper ce dossier à ce point? a-t-il demandé. […] Comment a-t-on pu lui donner le droit d’aller dans des salons de massages érotiques et donc de commettre une infraction criminelle ? »

Meurtre prémédité

Quelques jours avant le meurtre, Eustachio Gallese s’était procuré un couteau dans un magasin spécialisé dans la vente d’équipement de restauration. Il l’avait dissimulé sur lui lorsqu’il a rejoint Marylène Lévesque au restaurant de l’Hôtel Sépia où ils s’étaient donné rendez-vous. Ils sont montés dans une chambre quelques heures plus tard et c’est à ce moment que le récidiviste a saisi son arme pour exécuter le plan qu’il avait élaboré. Il envisageait de tuer la jeune femme de 22 ans et ensuite de s’enlever la vie, mais a plutôt choisi de se rendre aux policiers le soir du meurtre.

L’homme d’une cinquantaine d’années résidait depuis mars 2019 dans une maison de transition de Québec après avoir purgé une peine pour le meurtre de son ex-conjointe, Chantal Deschênes.

Selon la déclaration des faits présentée en cour, son intervenante à la maison de transition lui avait permis de fréquenter des établissements de massages érotiques une fois par mois après qu’il en eut fait la demande. C’est ainsi qu’il a rencontré Marylène Lévesque qui travaillait au Gentlemen Paradise.

« M. Gallese, malheureusement, sans dire qu’il est tombé en amour, commençait à avoir de l’affection pour Mme Lévesque », a raconté Me Jean-Philippe Lanthier.

Six mois avant sa mort, celle-ci avait accepté de le voir en exclusivité. Plus ils se voyaient, plus M. Gallese s’attachait à elle au point d’en faire une obsession.

Anxieux et jaloux

Mise au fait à la fin de l’été 2019, la Commission des libérations conditionnelles du Canada lui interdit de fréquenter des salons de massages érotiques sous peine de voir sa liberté révoquée.

M. Gallese a donc demandé à Marylène Lévesque de la voir dans des chambres d’hôtel, ce qu’elle a accepté.

Peu de temps après, Eustachio Gallese a l’impression que la jeune femme est plus distante avec lui et que leur relation se détériore. Il se sent rejeté, ce qui le rend anxieux et jaloux.

« Se retrouvant dans la même situation qu’en 2004 lors du meurtre de Chantal Deschênes, l’accusé prend conscience du danger que la même situation se reproduise, mais est incapable de contrôler sa jalousie », peut-on lire dans la déclaration des faits signée par le meurtrier.

Le beau-père de Marylène Lévesque, François Goulet, a pris la parole devant la cour au nom de toute sa famille et de ses proches. « La perte de Marylène nous a tous bouleversés », a-t-il dit.

Eustachio Gallese l’écoutait le regard au sol, en secouant parfois la tête.