Coastal GasLink: les anti-gazoduc maintiennent la pression

Des centaines de manifestants ont bloqué l’accès à l’Assemblée législative de Colombie-Britannique, mardi, à Victoria.
Photo: Chad Hipolito La Presse canadienne Des centaines de manifestants ont bloqué l’accès à l’Assemblée législative de Colombie-Britannique, mardi, à Victoria.

Le soutien aux chefs héréditaires de la nation wet’suwet’en opposés au projet de gazoduc de Coastal GasLink ne s’est pas essoufflé mardi. D’un océan à l’autre, des militants ont entravé des chemins de fer, occupé un bureau ministériel et restreint l’accès à un parlement. En Colombie-Britannique, la construction de l’infrastructure s’apprêtait à reprendre.

En cette journée de discours du Trône, à Victoria, des centaines de manifestants ont bloqué l’accès à l’Assemblée législative. Le discours a eu lieu, mais une partie de la cérémonie a été annulée.

Lundi, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a procédé à sept arrestations afin d’exécuter une ordonnance de la cour exigeant le libre accès au chantier du gazoduc de Coastal GasLink, une entreprise entièrement détenue par TC Énergie. Des chefs héréditaires de la nation wet’suwet’en s’opposent au passage du tuyau sur leur territoire traditionnel, malgré l’appui des conseils de bande au projet.

Mardi en fin de journée, la GRC a annoncé que l’interdiction de circuler sur le chemin forestier menant au chantier était levée, puisque la barricade bloquant le pont de la rivière Morice avait été démantelée. Coastal GasLink a indiqué par voie de communiqué que les travaux reprendront au cours de la semaine.

À Ottawa, une vingtaine d’Autochtones occupent le hall d’entrée de l’édifice du ministère de la Justice depuis lundi matin. S’entretenant avec le ministre David Lametti lundi soir au téléphone, ils lui ont notamment demandé de rencontrer les chefs héréditaires et de faire en sorte que la GRC quitte le territoire wet’suwet’en.

Le ministre leur a indiqué qu’il se fera le relais de leurs demandes au cabinet. Cependant, le gouvernement fédéral souligne que cet enjeu relève des provinces et que la GRC ne prend ses ordres d’aucune instance politique.

Les manifestants n’ont cure de ces considérations de champs de compétence. « Si quelqu’un peut faire cela, c’est bien le Procureur général », a expliqué Sophia Sidarous, l’une des leaders de l’occupation.

Pour une deuxième journée consécutive, des manifestants ont bloqué les trains de banlieue, mardi matin, sur la ligne de Candiac. Et le service de train de Via Rail entre Montréal et Toronto et entre Ottawa et Toronto était toujours interrompu dans les deux directions mardi. Le Canadien National (CN) a d’ailleurs indiqué qu’il annulait tous les départs sur ces deux liaisons au moins jusqu’à jeudi soir.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a mentionné qu’il suivait la situation « de très, très près ». Il a ajouté que ces barricades sont « illégales » parce qu’elles violent la Loi sur la sécurité ferroviaire « pour des raisons évidentes ».

Ottawa affirme qu’il revient aux provinces, et à leurs corps policiers respectifs, de faire dégager les voies bloquées.

Mardi, la Police provinciale de l'Ontario a lu aux manifestants bloquant le chemin de fer à Belleville une injonction, obtenue par le CN, ordonnant de libérer la voie.

À Québec, le premier ministre François Legault a balayé du revers de la main l’idée de demander à la Sûreté du Québec de déloger les manifestants mohawks qui interrompent le service de train de banlieue. Les Peacekeepers ont un rôle à jouer afin de permettre la libre circulation des trains sur le territoire de Kahnawake, a plutôt fait valoir M. Legault.

Ce corps policier a fait savoir au Devoir qu’il gardait un oeil sur le barrage pour assurer la sécurité des manifestants, mais qu’il ne prévoyait pas de les chasser puisque la communauté mohawke soutient les chefs héréditaires wet’suwet’en.

Avec Hélène Buzzetti, Marco Bélair-Cirino et La Presse canadienne