Legault et D’Amours se disent sensibles aux besoins des Autochtones

La ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours

Le premier ministre du Québec, François Legault, juge « inacceptable » que des femmes itinérantes autochtones soient décédées par manque de services aux abords du square Cabot et promet des changements.

« Je n’accepte pas ça, je trouve ça terriblement triste », a répondu le premier ministre en mêlée de presse lundi, en marge d’une conférence de presse sur Investissement Québec à Montréal.

La ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, abonde en ce sens. « Ça ne devrait pas arriver », résume-t-elle, assurant que son gouvernement travaille de pair avec la communauté inuite à l’élaboration de solutions à long terme. « Il faut absolument que ça arrête », soutient-elle.

Questionné sur la possibilité de construire un hôpital dans le Grand Nord, afin d’éviter que des milliers d’Autochtones soient forcés de venir à Montréal par avion pour obtenir des soins de santé, le premier ministre ne ferme pas la porte à l’idée, mais redirige la réponse vers d’autres projets. « Ça prend aussi des installations, entre autres pour les femmes, donc ça fait partie aussi de ce qu’on regarde actuellement. Quand on va être prêts, on va l’annoncer. »

Il rappelle que la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, de même que le ministère de la Sécurité publique tiennent des rencontres régulières avec les communautés pour mettre en oeuvre les recommandations du rapport Viens.

De son côté, la ministre D’Amours estime que le problème réside dans les conditions de vie au Nunavik. « Il faut trouver le problème à la source pour être capables de déterminer quelles seront les actions que nous devrons faire », dit-elle.

L’opposition

Les partis d’opposition estiment que Québec doit faire plus. « C’est un dossier qui nous préoccupe beaucoup, dit le porte-parole libéral en matière d’Affaires autochtones, David Birnbaum, en entrevue au Devoir. Il y a urgence d’agir. »

Il croit que l’ouverture récente du centre de jour Résilience est une « bonne nouvelle », mais précise qu’il s’agit d’une « solution temporaire » en raison de la courte durée du bail. « Il va falloir trouver une solution à moyen et à long terme, qui s’impose dans ce dossier », affirme-t-il.

Mme D’Amours assure que son gouvernement travaille sur une solution à long terme. « C’est une question de trouver des locaux appropriés, des locaux tout près », explique-t-elle.

Pour sa part, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, estime qu’il faut « des actions précises et très ciblées ». Selon lui, la création de centres de traitement pour la clientèle autochtone à Montréal s’impose. « Surtout lorsqu’on constate qu’il y a très nettement une détresse sociale lorsque les populations […] déménagent en milieu urbain », illustre-t-il.

Le président de la Société Makivik, Charlie Watt, est quant à lui d’avis que des centres de traitement devraient être créés en fonction des différentes communautés des Premières Nations en raison des différences de langue et de culture. « En tant que personne de la Société Makivik, c’est mon travail de m’assurer qu’il y a un centre qui est construit seulement pour les Inuits », déclare-t-il, assurant travailler à la concrétisation d’un tel projet.

De son côté, la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, aussi porte-parole en matière d’Affaires autochtones, y est allée d’une réaction imagée. « C’est un coup de batte de baseball dans le front », affirme-t-elle, en réaction au dossier du Devoir. Elle déplore toutefois que les nombreux problèmes du square Cabot soient connus depuis longtemps. « C’est clair [que Québec doit faire plus] », affirme Mme Massé, faisant référence elle aussi au rapport de la commission Viens. La députée met d’ailleurs le gouvernement Legault en garde contre la tentation de trouver des solutions « à la pièce » et demande au premier ministre de mettre en oeuvre « l’appel à l’action numéro 3 » du rapport Viens, soit d’adopter une loi garantissant la prise en compte des dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans le corpus législatif relevant de ses compétences.