Fondation Paul Gérin-Lajoie: l’éducation pour «tous», mais aussi pour «toutes»

Catherine Martellini Collaboration spéciale
Avec ce projet, la Fondation PGL prévoit autonomiser un total de 24 823 filles et femmes dans cette région.
Photo: Fondation PGL Avec ce projet, la Fondation PGL prévoit autonomiser un total de 24 823 filles et femmes dans cette région.

Ce texte fait partie du cahier spécial Coopération internationale

La région des Grands Lacs d’Afrique est marquée par des conflits sociopolitiques qui entraînent des déplacements massifs de populations. Réduites à des conditions précaires et de survie, ces dernières relèguent souvent l’éducation des enfants au second plan, plus particulièrement celle des filles.

« On compte 340 000 réfugiés burundais, notamment au Rwanda, plus de 900 000 réfugiés congolais dans les pays avoisinants, de même que 4,5 millions de déplacés à l’intérieur même de la RDC », explique Florence Massicotte-Banville, responsable du projet Éducation des filles pour un avenir meilleur dans la région des Grands Lacs (EDUFAM) à la Fondation PGL.

À l’instabilité de ces régions s’ajoute un taux de pauvreté élevé, respectivement de 80 % en République démocratique du Congo (RDC), de 72 % au Burundi et de 60 % au Rwanda.

Une situation qui intensifie les barrières socioculturelles, économiques et physiques à la scolarisation, notamment celle des filles aux cycles primaire et secondaire, qui sont deux fois plus susceptibles que les garçons d’être exclues de l’école dans les zones de conflit.

D’une durée de quatre ans et financé par Affaires mondiales Canada, le projet EDUFAM concentrera ses efforts sur 13 écoles primaires et secondaires situées dans trois zones accueillant des camps de réfugiés : le territoire de Fizi en RDC, le district de Kirehe au Rwanda et la commune de Gaorwe au Burundi.

Éduquer pour autonomiser

La Fondation PGL, qui travaille en collaboration avec le Centre d’études et de coopération internationale (CECI) dans le cadre de ce projet, comptera sur des partenaires locaux pour le déploiement des activités sur place.

« Notre rôle consiste à les encadrer, tant sur le plan de la gestion administrative des activités que des ressources techniques propres à notre expertise respective, soit l’éducation pour la Fondation, et l’égalité hommes-femmes pour le CECI », note Florence Massicotte-Banville.

Une mobilisation des communautés sera ainsi organisée pour contrer les obstacles socioculturels, par exemple, les mariages forcés quinuisent à la rétention des filles à l’école.

« Cela se traduira par la création de clubs de mères et de pères, notamment pour aller chercher l’engagement des hommes à soutenir l’éducation de leurs filles, ou encore par l’identification de leaders communautaires et religieux qui encourageront la transformation des normes néfastes à leur scolarisation », illustre-t-elle.

Les équipes déploieront aussi des efforts pour renforcer les capacités économiques des familles à plus long terme. Cela passe par l’octroi de microcrédit aux petites activités génératrices de revenus, comme la vente de produits ou de la formation en entrepreneuriat.

« Pour appuyer les familles très pauvres qui n’ont souvent pas les moyens d’assumer les coûts liés à la fréquentation scolaire — droits de scolarité, uniforme, etc. —, nous voulons offrir des bourses de scolarisation conditionnelles à l’assiduité », ajoute-t-elle.

Une partie du projet consiste à équiper en pupitres et en matériel scolaire les écoles, qui sont surpeuplées et, conséquemment, pas assez outillées. Dans les écoles ciblées du Burundi, les élèves sont quatre par pupitre, et en RDC il n’y a qu’un manuel scolaire pour huit élèves.

« Une fois que les filles sont à l’école, un volet vise aussi à s’assurer que l’éducation dispensée soit de qualité, notamment en renforçant la capacité des enseignants et du personnel des écoles afin qu’ils soient sensibles aux genres », soutient la responsable.

Même si l’appui est apporté aux filles du primaire et du secondaire, un programme de formation professionnelle informelle sera déployé pour ne pas laisser pour compte les filles en fin d’adolescence et en début d’âge adulte qui sont déscolarisées.

Avec ce projet, la Fondation PGL prévoit autonomiser un total de 24 823 filles et femmes dans cette région.