Pour une coopération internationale féministe

Lisa-Marie Gervais Collaboration spéciale
Une jeune fille dans un village reculé du district de Lalitpur. Depuis quelques années, la durée et les dates de la mousson au Népal sont modifiées. En septembre les pluies sont encore importantes et ont causé d'importants glissements de terrain dans la région.
Photo: Frédéric Séguin Une jeune fille dans un village reculé du district de Lalitpur. Depuis quelques années, la durée et les dates de la mousson au Népal sont modifiées. En septembre les pluies sont encore importantes et ont causé d'importants glissements de terrain dans la région.

Ce texte fait partie du cahier spécial Coopération internationale

Le premier pays visité par le ou la ministre du Développement international à son arrivée en poste en dit toujours long sur les priorités du gouvernement canadien. Où laministre Karina Gould s’est-elle envolée le 12 janvier dernier pour son premier séjour de terrain de quelques semaines ? En République démocratique du Congo.

« C’est important pour le Canada de montrer que l’Afrique est une priorité », déclare la jeune ministre de 32 ans en entrevue au Devoir. Près de 50 % des ressources deson ministère sont destinées aux pays de l’Afrique subsaharienne. « Il y a une crise d’Ebola au Congo et le Canada est un pays leader en matière de lutte contre [cette maladie] », soutient-elle.

Dans ce pays d’Afrique profondément instable, plus de 1000 viols seraient commis par jour. Le Canada y finance aussi de nombreux projets pour améliorer la santé des femmes, protéger leurs droits reproductifs et lutter contre les violences sexuelles, souligne Mme Gould. Son ministère œuvrera ainsi en continuité avec la Politique d’aide internationale féministe duCanada, mise sur pied en 2017. « [Cette politique] guide tout notre programme de développement international et fait en sorte que le Canada sera un leader pour l’égalité des sexes. Le gouvernement s’y était fermement engagé, mais malheureusement, pendant des années, ç’a été laissé de côté par les conservateurs », rappelle-t-elle. Or, il est important selon elle que le Canada redevienne un leader en la matière puisqu’il peut réellement faire changer les choses en menant des projets que bien d’autres pays n’oseraient pas mettre sur pied. « Comme gouvernement féministe et moi, comme ministre féministe, je trouve important de poursuivre sur cette bonne voie. »

Objectifs de 2030

Le Canada fera des efforts pour aider à atteindre, d’ici 2030, les 17 objectifs de développement durable — qui comprennent 169 cibles s’appuyant sur les objectifs du millénaire —, affirme par ailleurs la ministreGould. En 2020, le Canada commencera à dépenser 1,4 milliard par année pendant dix ans pour des projets en santé maternelle et infantile, dont la moitié seront consacrés à la contraception, à l’avortement et à l’éducation sexuelle dans les pays en développement.

Elle rappelle aussi les efforts du gouvernement Trudeau, qui a obtenu 3,8 milliards pour aider notamment les jeunes filles vivant dans des zones de guerre à avoir accès à l’école. Ces fonds sur cinq ans proviennent de certains pays comme le Royaume-Uni et l’Allemagne ouencore de la Banque mondiale et de l’Union européenne.

En tant que ministre du Développement international, c’est à elle que revient la mise sur pied des programmes à l’international, alors que les actions au Canada seront pilotées par son collègue du ministère de la Famille, des Enfants et du Développement social, Ahmed Hussen.

« Les objectifs de développement durable guident nos actions », assure Karina Gould, sans être plus précise sur ce que son gouvernement compte faire concrètement, mais tout en insistant sur le fait que la politique alimentaire mondiale et la lutte contre les changements climatiques font également partie des 17 objectifs.