Drame du lac Saint-Jean : la police révèle l’identité de la première victime repêchée

Le corps a été retrouvé dans une zone non balisée à l’embouchure du lac Saint-Jean où s’est produit l’accident. Cette zone «hors-piste» est réputée dangereuse en raison de courants qui fragilisent la couche de glace.
Photo: Charles-Frédérick Ouellet Le Devoir Le corps a été retrouvé dans une zone non balisée à l’embouchure du lac Saint-Jean où s’est produit l’accident. Cette zone «hors-piste» est réputée dangereuse en raison de courants qui fragilisent la couche de glace.

La police a révélé samedi que le corps retrouvé la veille lors des recherches de cinq Français disparus après une expédition en motoneige, était celui de Gilles Claude, 58 ans, père de trois biathlètes internationaux.

Gilles Claude, comme les sept autres touristes français qui participaient à cette excursion, était originaire de l’est de la France.

Passionné de randonnées à motoneige, notamment au Québec où il venait régulièrement depuis des décennies selon ses proches, Gilles Claude était le père de trois biathlètes internationaux, Émilien, Florent et Fabien.

Ce dernier est monté jeudi pour la première fois sur le podium d’une étape de la Coupe du monde de biathlon, à Pokljuka en Slovénie. Il a dédié sa troisième place à son père.

Reprise des recherches

Une trentaine de policiers, parmi lesquels une douzaine de plongeurs, aidés d’hélicoptères et de drones, ont repris leurs recherches intensives samedi matin dans les eaux glacées du lac Saint-Jean, pour la quatrième journée consécutive, afin de retrouver les quatre autres touristes français.  

Il s’agit de Yan Thierry, 24 ans, Jean-René Dumoulin, 24 ans, Julien Benoît, 34 ans, et Arnaud Antoine, 25 ans.

« Tous les jours, on fait des découvertes, c’est encourageant », a expliqué à l’AFP le porte-parole de la Sûreté du Québec qui dirige les recherches, Hugues Beaulieu.

Le corps de Gilles Claude a été retrouvé à plus de deux kilomètres des points initiaux de recherche dans la rivière Grande décharge, dans une zone non balisée à l’embouchure du lac Saint-Jean où s’est produit l’accident. Cette zone « hors-piste » est réputée dangereuse en raison de courants qui fragilisent la couche de glace.

Le groupe était composé de huit touristes originaires de l’Est de la France, dont trois ont survécu à des blessures légères et à un choc nerveux.

Leur guide, un Montréalais de 42 ans, est mort mercredi des suites de ses blessures.

Les démarches pour le rapatriement du corps de la victime vont être entamées « très rapidement », a assuré vendredi soir la ministre québécoise par intérim de la Sécurité publique, Andrée Laforest, ajoutant être « de tout coeur » avec les Français.
 

Le périmètre élargi à 10 km

Le « secteur » des recherches pour retrouver les quatre motoneigistes toujours portés disparus depuis mardi dans les eaux du Lac-Saint-Jean a été élargi à 10 kilomètres, samedi.

Les autorités ont « agrandi considérablement le secteur », a indiqué Hugues Beaulieu, un porte-parole de la Sûreté du Québec.

Les policiers affirment ne pas envisager d’abandonner les recherches pour le moment, malgré l’ampleur croissante du défi. « L’évaluation du dossier est faite de façon constante, a expliqué le sergent Beaulieu. Ça dépend des résultats et des nouveaux éléments. »

Les efforts de recherches se concentrent sur l’eau. Trois équipes de plongeurs sont déployées. Ils sont munis de sonars latéraux qui permettent de définir des formes et de propulseurs sous-marins pour leur permettre de se déplacer plus rapidement.

Les policiers ont également recours à des drones, à un hélicoptère, des observateurs se trouvent dans des embarcations à la surface de l’eau et d’autres sont en motoneige le long des berges.

« On met la technologie à notre disposition, mais la nature est vaste et grande », a ajouté le sergent Beaulieu en entrevue avec La Presse canadienne.

Les conditions climatiques demeurent difficiles : le mercure indiquant une température de -12 degrés Celcius en fin d’avant-midi.

Il a néanmoins réitéré que les policiers ont pour « priorité » de retrouver les quatre motoneigistes manquants. Ceux-ci faisaient partie d’un groupe de neuf motoneigistes, dont un guide québécois. Deux d’entre eux ont réussi à en sortir un troisième de l’eau et ont alerté les autorités.

Le corps du guide québécois a été repêché des eaux glaciales et a été identifié comme étant Benoît L’Espérance, un Montréalais âgé de 42 ans.