Mascouche: Benoît Cardinal est accusé de meurtre non prémédité

Les policiers ont été appelés à se rendre à une résidence de Mascouche à la suite d’un appel rapportant deux personnes blessées. Une mère de famille de 33 ans était toujours en vie à l’arrivée des ambulanciers. Elle est décédée à l’hôpital.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Les policiers ont été appelés à se rendre à une résidence de Mascouche à la suite d’un appel rapportant deux personnes blessées. Une mère de famille de 33 ans était toujours en vie à l’arrivée des ambulanciers. Elle est décédée à l’hôpital.

C’était une famille « sans histoire », du moins jusqu’à vendredi dernier, lorsque le père a démissionné de son poste d’éducateur spécialisé au Centre jeunesse de Laval à la suite d’un « comportement inapproprié » qui a mené à une enquête interne. Une situation qui aurait créé des tensions au sein de son couple et qui aurait mené l’homme à commettre l’irréparable dans la nuit de jeudi, tuant sa conjointe en présence de leurs six enfants.

Arrivé en fauteuil roulant dans le box des accusés, Benoît Cardinal a été formellement accusé du meurtre non prémédité de sa conjointe Jaël Cantin en fin d’avant-midi vendredi. Le regard vide, l’homme a dissimulé son visage sous sa longue chevelure. Durant la brève audience, il semblait chercher des proches, balayant la pièce de son regard.

L’accusé aurait assassiné la mère de ses enfants en pleine nuit dans leur maison du chemin des Anglais. M. Cardinal, qui a été retrouvé blessé à l’arrivée des policiers, aurait tenté de camoufler son crime. Il aurait évoqué une introduction par effraction qui a mal tourné. Ce n’est qu’en fin de journée que la thèse du drame conjugal a été retenue, après que les policiers eurent rencontré les six enfants du couple, âgés de 1 à 12 ans.

Les six jeunes orphelins ont été recueillis par des proches de la famille. Le tribunal a interdit à l’accusé de communiquer avec neuf personnes. « L’interdit de contact concerne les six enfants de [M. Cardinal] évidemment, ainsi que trois témoins dans le dossier », a indiqué la procureure de la Couronne, Me Valérie Michaud.

M. Cardinal demeure détenu, mais pourrait faire une demande de remise en liberté. La prochaine audience est prévue le 26 février au palais de justice de Joliette.

Suspension et démission

Amis et voisins s’expliquent toujours mal ce qui a pu se produire pour que la vie du couple, qui était ensemble depuis le cégep, bascule de façon tragique.

« Jaël c’était une personne souriante, une femme active, elle courrait des marathons, c’était quelqu’un d’enjoué, et puis Benoît, c’était comme un gros nounours. Depuis hier, je ne peux pas croire qu’on parle d’eux aux nouvelles », s’est désolée une amie de la famille, venue porter des fleurs à la porte de la maison familiale.

Dans les derniers jours, du soutien psychologique avait été offert à l’accusé, qui s’est retrouvé au coeur d’une enquête, a confirmé le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), duquel relève le Centre jeunesse où il travaillait. Selon TVA Nouvelles, c’est un père qui a fait un signalement après avoir découvert des échanges de messages textes explicites entre l’éducateur et sa jeune fille.

« À la fin de décembre, il a été porté à notre attention que [M. Cardinal] aurait pu avoir des comportements inappropriés », s’est limité à commenter le CISSS de Laval.

L’homme a été suspendu de ses fonctions et a finalement démissionné vendredi dernier.

Une cellule d’accompagnement a été mise en place pour les employés et usagers du Centre jeunesse de Laval à la suite de la tragédie.

Des services de soutien et d’écoute ont également été offerts par la Commission scolaire de Laval (CSDL), où travaillait la victime, qui était technicienne en éducation spécialisée. « C’est avec regret et beaucoup de tristesse que la CSDL a appris le décès tragique de Jaël. C’est toute la communauté scolaire qui est secouée », a commenté Louise Lortie, présidente de la CSDL.

Le commerce des parents de Mme Cantin, situé à côté de la résidence, affichait une triste note pour expliquer sa fermeture pour les prochains jours. « Nous vivons une période de deuil, notre comptoir sera fermé », pouvait-on lire.

« J’ai de la misère à y croire. Je n’ai jamais rien entendu de déplacé et je n’ai jamais été témoin d’une chicane ou de quoi que ce soit. Au contraire, ça avait vraiment l’air d’une famille unie. Jamais on n’a vu la police débarquer ici », a raconté la voisine immédiate du couple, Nathalie Labonté.