Mort d’une fillette à Granby: l’autre enfant de la famille confié à la DPJ

Une photographie prise lors des funérailles de la petite martyre de Granby, en mai dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une photographie prise lors des funérailles de la petite martyre de Granby, en mai dernier.

L’autre enfant de la famille de la fillette martyre de Granby demeurera en famille d’accueil pour au moins les six prochains mois, a tranché mardi un juge, qui a par ailleurs blâmé la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour avoir échoué à protéger les deux enfants.

Tout comme sa soeur, l’enfant de cinq ans, dont l’identité ne peut être révélée, aurait subi des sévices physiques et psychologiques de la part de son père et de sa belle-mère.

Le jugement de 74 pages est frappé d’une ordonnance de non-publication, mais le juge Mario Gervais, de la Cour du Québec, a autorisé que certains détails soient divulgués dans l’intérêt du public après que des médias de Québecor eurent déposé une requête.

Le parcours de vie de l’enfant y est notamment qualifié d’« accablant et traumatisant à en glacer le sang ». « À cinq ans, il est déjà un écorché de la vie », écrit le magistrat.

À la suite de la mort tragique de sa soeur, décédée après avoir subi d’importantes blessures en étant ligotée et séquestrée dans la résidence familiale en avril dernier, l’enfant avait été confié à la DPJ et placé en famille d’accueil. La belle-mère de l’enfant a été accusée de meurtre non prémédité et de séquestration et doit subir son enquête préliminaire les 24 et 25 février. Son père a quant à lui été accusé de négligence ayant causé la mort, d’abandon d’enfant et d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à la vie. Il a été libéré en attendant son procès et sera de retour au tribunal le 24 février.

L’enfant demeure donc sous la protection de la DPJ pour les six prochains mois. Durant cette période, le juge a permis qu’il reste en contact avec sa mère biologique lors de visites supervisées. Sa grand-mère paternelle ne pourra quant à elle s’en approcher pour le moment.

Échec de la DPJ

Dans son jugement, le juge Gervais revient sur le fait que les enfants étaient connus de la DPJ, dont les interventions ont révélé de graves lacunes.

« De nombreuses défaillances ont fait en sorte que le système de protection des enfants a échoué à protéger [la fillette de Granby] maintenant décédée. Or, ce même système a également failli à sa tâche envers [l’autre enfant] », peut-on lire.

Le juge rappelle aussi que l’indignation provoquée par le décès de la fillette a mené à l’ouverture de plusieurs enquêtes ainsi qu’à la création d’une commission spéciale sur le droit des enfants dont les travaux sont en cours jusqu’au printemps.

Bien qu’il spécifie dans son jugement que celui-ci ne constitue pas une réponse aux processus lancés par le gouvernement du Québec pour faire la lumière sur la tragédie, il a ordonné qu’il soit transmis à la Commission spéciale sur les droits des enfants et de la jeunesse présidée par Régine Laurent, dont le rapport final devrait être publié au mois de novembre 2020.