Les usagers des YMCA en colère contre la fermeture précipitée

Nombreux ont été les citoyens à s’avancer au micro, mardi soir, au YMCA d’Hochelaga-Maisonneuve, pour dénoncer le fait que jamais ils n’avaient été mis au courant de la situation financière critique de «leur centre».
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Nombreux ont été les citoyens à s’avancer au micro, mardi soir, au YMCA d’Hochelaga-Maisonneuve, pour dénoncer le fait que jamais ils n’avaient été mis au courant de la situation financière critique de «leur centre».

« J’ai reçu la nouvelle de la fermeture du Y comme un tonne de brique », a lancé Geneviève, une jeune mère. Sa colère et celle de plus d’une centaine de membres du YMCA d’Hochelaga-Maisonneuve a résonné pendant plus de deux heures, mardi soir, à l’occasion d’une assemblée publique dans un centre communautaire du même quartier, à Montréal.

« Je ne sais pas à quoi vous vous attendiez ce soir, en convoquant les citoyens et les citoyennes à venir entendre vos explications, à venir comprendre pourquoi on n’a plus le choix, pourquoi on n’a plus de pouvoir comme citoyen, a-t-elle poursuivi. Je n’accepte pas ce contrat tacite là. »

Le 13 novembre dernier, les YMCA du Québec ont annoncé la fermeture de trois centres sportifs et communautaires à Montréal, dont celui de ce quartier modeste de l’est de la ville. Ici, les activités physiques et aquatiques prendront fin le 31 décembre, tandis que les programmes jeunesse et communautaires « seront graduellement réévalués et relocalisés ».

Avant l’assemblée, très peu d’information s’était rendue jusqu’aux membres. Mardi soir, le p.-d.g. des YMCA du Québec, Stéphane Vaillancourt, a indiqué que le bâtiment actuel, appartenant à la Ville de Montréal, devait absolument être rénové, car il ne respectait plus les normes.

Dépassement de coûts

Selon lui, le projet de rénovation du bâtiment s’élevait à près de 4 millions de dollars. Un projet de reconstruction, « pas hyper ambitieux », avait également été élaboré dans les deux dernières années, au coût estimé de 15 millions.

La direction de l’organisme a obtenu une subvention provinciale conditionnelle à un financement complet du projet, a expliqué M. Vaillancourt. Cependant, l’argent a manqué.

« On est à bout de nos ressources au YMCA pour absorber les pertes qu’on encaisse depuis de très, très nombreuses années », s’est-il défendu. Le YMCA est présent dans Hochelaga-Maisonneuve depuis 39 ans.

Nombreux ont été les citoyens frustrés, bouleversés, à s’avancer au micro pour dénoncer le fait que jamais ils n’avaient été mis au courant de la situation financière critique de « leur centre » ni des solutions envisagées. Malgré leurs demandes de s’engager activement dans une campagne de financement pour conserver l’établissement au coeur de leur quartier, ils ont été forcés de constater qu’il était trop tard.

Heather, une bénévole qui a travaillé avec des aînés pendant 20 ans, a pris la parole.

« De mon expérience avec ces gens-là, je peux vous dire que sans le Y, plusieurs ne seront plus capables de marcher », a-t-elle confié. Beaucoup d’entre eux ne disposent que de faibles revenus, a-t-elle ajouté, et ne pourront même pas prendre le métro pour aller s’entraîner ailleurs.

« Ces gens maintiennent leur forme physique parce qu’ils s’entraînent quatre, cinq, six fois par semaine. Ils ne lâchent pas. Ils mettent ça en avant de tout dans leur vie, parce qu’ils savent qu’ils vont être complètement perdus autrement. Qu’est-ce que vous allez faire avec eux ? »

Le YMCA entend demeurer dans Hochelaga-Maisonneuve, mais en relocalisant une partie de ses activités dans différents bâtiments du quartier. Sa direction dit travailler activement avec l’arrondissement, mais aucune activité ne figure pour l’instant au calendrier pour début janvier.