Des victimes de la fusillade de Toronto poursuivent un fabricant d’armes

L’arme de poing utilisée lors de la fusillade est un produit «ultra dangereux conçu spécifiquement pour blesser ou tuer des gens», plaident les plaignants.
Photo: Justin Sullivan / Getty Images / Agence France-Presse L’arme de poing utilisée lors de la fusillade est un produit «ultra dangereux conçu spécifiquement pour blesser ou tuer des gens», plaident les plaignants.

Plusieurs victimes d’une fusillade qui avait fait deux morts et 13 blessés en juillet 2018 à Toronto ont lancé une action collective contre le fabricant d’armes américain Smith & Wesson, a-t-on appris mardi auprès de leurs avocats.

L’arme de poing utilisée lors de la fusillade, un pistolet semi-automatique de calibre .40, est un produit « ultra dangereux conçu spécifiquement pour blesser ou tuer des gens », écrivent les plaignants dans un document transmis à l’AFP. Elle a été « conçue et fabriquée négligemment, dans le sens où Smith & Wesson a échoué à intégrer une technologie “d’autorisation d’utilisateur” ».

Une telle technologie « intelligente », comme le déverrouillage par empreintes digitales, « empêche les utilisateurs non autorisés, comme le tireur qui a utilisé une arme de poing volée dans la fusillade de l’avenue Danforth, de tirer avec l’arme », poursuivent les plaignants, qui ont déposé leur demande lundi devant la Cour supérieure de l’Ontario.

« Je peux regarder mon Iphone et il se déverrouille. Pendant ce temps, on est en train de vendre des armes semi-automatiques qui n’ont pas de système de verrouillage du tout », a estimé auprès du Globe and Mail Patrick McLeod, le père d’une victime et plaignant.

Les plaignants demandent 150 millions de dollars canadiens de dommages et intérêts.

Le groupe État islamique (EI) avait revendiqué l’attaque qui avait tué une jeune femme de 18 ans et une enfant de 10 ans.

L’assaillant, âgé de 29 ans, avait tiré au hasard sur des piétons dans le centre de Toronto. Après un échange de coups de feu avec la police, il s’était suicidé.

Les plaignants affirment qu’en 2000, le fabricant d’armes a conclu un accord avec le gouvernement américain reconnaissant que plus de 200 000 armes à feu étaient volées chaque année aux États-Unis. La société s’engageait à inclure un système de technologie intelligente dans de prochains modèles.

Mais cet accord est devenu caduc en 2005 lorsque les États-Unis ont adopté une loi qui protège les fabricants de la plupart des actions en justice visant à engager leur responsabilité dans un acte violent commis avec l’une de leurs armes. Il existe des exceptions à cette loi, qui ne s’applique pas au Canada.

En mars, la Cour suprême du Connecticut (États-Unis) avait statué que le fabricant américain d’armes Remington pourrait être jugé pour déterminer si ses publicités sur le fusil d’assaut AR-15 ont une responsabilité dans les tueries de masse.