Quatre actions collectives déposées contre des communautés religieuses

Me Arsenault a souligné que, en plus des quatre nouvelles requêtes déposées, 14 autres actions collectives ont été déposées par différents cabinets d’avocats, visant différentes communautés religieuses.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Me Arsenault a souligné que, en plus des quatre nouvelles requêtes déposées, 14 autres actions collectives ont été déposées par différents cabinets d’avocats, visant différentes communautés religieuses.

Quatre requêtes dans le but d’intenter de nouvelles actions collectives viennent d’être déposées contre des communautés religieuses ou des diocèses pour dédommager des personnes qui auraient subi des violences sexuelles dans leur jeunesse.

Au cours d’une conférence de presse, jeudi à Montréal, Me Alain Arsenault a précisé que ces quatre nouvelles requêtes visent le diocèse Saint-Jean-Longueuil, le diocèse de Joliette, les religieux de Saint-Vincent-de-Paul et les Frères de Saint-Gabriel.

Les requérants demandent 300 000 $ par victime à titre de dommages moraux — un montant maximal, selon la victime touchée —, 150 000 $ à titre de pertes pécuniaires et 150 000 $ à titre de dommages punitifs, a précisé Me Arsenault.

« Les deux congrégations religieuses s’occupaient d’enfants pour leur éducation. C’était le plus souvent des enfants défavorisés, donc vulnérables, plus facilement victimes d’agressions sexuelles. Il est temps que justice se fasse, et que la vérité éclate, et que la société les écoute », a lancé Me Justin Wee, l’un des avocats au dossier.

« Ces milliers de vies brisées à la suite de ces agressions sexuelles méritent que les institutions religieuses répondent avec empathie de leurs actes et de ceux de leurs préposés, avec humanisme, et non avec le déni habituel », a plaidé Me Wee.

Me Arsenault a dit espérer que des discussions auront cours avec les institutions religieuses, entre-temps, en vue de trouver un terrain d’entente pour indemniser les victimes.

Il a souligné que 14 autres actions collectives ont été déposées par différents cabinets d’avocats et visant différentes communautés religieuses. Elles touchent plus de 1000 personnes qui s’y sont inscrites, mais le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé, a noté Me Arsenault.

Une commission d’enquête ?

Me Arsenault aimerait qu’une commission d’enquête soit instituée afin d’analyser le tout sous un angle plus global.

« Une commission d’enquête, c’est pour prévenir ces agressions-là. Dans d’autres dossiers, j’ai eu à interroger des agresseurs. Et je leur demandais toujours : est-ce qu’il y avait à l’époque des moyens mis en place pour prévenir ? Est-ce que vous aviez de la formation ? De l’information ? Des directives ? Et la réponse a toujours été : non, non et non. Encore aujourd’hui : y a-t-il de ces moyens qui ont été mis en place pour prévenir les agressions sexuelles ? Une commission d’enquête pourrait bien évaluer tout ça », a dit Me Arsenault.

Victime ébranlée

Une des victimes, qui a été identifiée par les initiales A. B., a témoigné du fait que son agresseur avait pris le temps de mettre sa famille en confiance pour tisser sa toile autour d’elle. Au lieu de l’aider, les autorités religieuses ont tout simplement changé l’agresseur de paroisse.

De manière émotive, la voix enrouée, A. B. a expliqué sa démarche : « Si je peux imager cette démarche : c’est comme si enfin on prenait l’enfant blessé en nous par la main, en lui disant que tout était enfin terminé et qu’il sera enfin en sécurité. Je pense que la dénonciation par cette poursuite en justice, devant un tribunal civil, est un passage nécessaire en vue d’une guérison, afin de pouvoir panser une plaie qui est là depuis tant d’années. »