Journée de commémorations à Polytechnique

À 17 h 10, heure où les premiers coups de feu ont été tirés le 6 décembre 1989, 14 faisceaux illumineront le ciel au-dessus du Mont-Royal.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne À 17 h 10, heure où les premiers coups de feu ont été tirés le 6 décembre 1989, 14 faisceaux illumineront le ciel au-dessus du Mont-Royal.

Les drapeaux devant le pavillon principal de Polytechnique Montréal sont en berne ce vendredi 6 décembre, jusqu’au crépuscule, en hommage aux 14 femmes qui ont été froidement assassinées et aux 13 autres personnes qui ont été blessées à l’intérieur de l’école il y a précisément 30 ans.

Aucun cours ni examen ne sont tenus cette journée à Polytechnique Montréal.

La direction de l’école déclare que cet attentat antiféministe, qui a ébranlé le pays tout entier, demeure incompréhensible aujourd’hui et que la volonté de l’institution d’honorer la mémoire des victimes perdure.

Discours aux Communes Les députés fédéraux ont rendu hommage vendredi matin aux 14 femmes tuées le 6 décembre 1989 à l’École Polytechnique. Leur minute de silence a été précédée par des discours de trois chefs de parti et de deux députées de l’opposition.
 

Les députés fédéraux ont rendu hommage vendredi matin aux 14 femmes tuées le 6 décembre 1989 à l’École Polytechnique.
 

Leur minute de silence a été précédée par des discours de trois chefs de parti et de deux députées de l’opposition.
 

Le premier ministre Justin Trudeau a profité de son temps de parole pour rappeler que son gouvernement a l’intention d’interdire le genre d’arme utilisée par Marc Lépine dans son attentat antiféministe.
 

Lorsque M. Trudeau a dit que ces armes n’ont pas de place dans les communautés canadiennes, tous les députés l’ont applaudi, sauf les élus conservateurs. Il y a cependant eu une exception dans leurs bancs. L’élu de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, un des 10 députés conservateurs québécois a applaudi.
 

Son chef, Andrew Scheer, s’est désolé que la violence contre les femmes soit encore d’actualité. Il a appelé à ce que chacun pose des « gestes concrets » pour la « sécurité » et la « dignité » des femmes.
 

Le Bloc québécois a confié son discours à la députée de Shefford. Les mots d’Andréanne Larouche ont suscité une très longue ovation. Son discours a pleuré les « 14 vies volées ». Elle a également appelé la Chambre à poser des « gestes réels », réclamant que le gouvernement resserre le contrôle des armes à feu.
 

La tuerie de Polytechnique avait donné naissance à une campagne pour le contrôle des armes à feu, campagne qui, après plusieurs années de lutte, a obtenu que le gouvernement libéral de Jean Chrétien mette sur pied un registre des armes d’épaule. Ce registre a été détruit par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Plusieurs événements prévus En matinée, vendredi, des gerbes de roses blanches ont été déposées devant la plaque commémorative de Polytechnique par des représentants de l’établissement et des associations étudiantes. Le personnel, la communauté étudiante et le grand public sont invités à venir se recueillir tout au long de la journée.

À 9 h, il y a eu lancement du livre intitulé Ce jour-là – Parce qu’elles étaient des femmes à la Galerie Rolland du pavillon principal. Le livre publié aux éditions La Presse et signé par Josée Boileau, ex-journaliste à La Presse canadienne et au Devoir, contient des photos d’archives, une description factuelle du drame, le rêve des années 1980, le portrait des victimes, un regard sociétal et des témoignages de personnes touchées de près.


À 17 h 10, heure où les premiers coups de feu ont été tirés le 6 décembre 1989, 14 faisceaux illumineront le ciel au-dessus du Mont-Royal. Les faisceaux seront allumés un à la fois, à quelques secondes d’intervalle, à l’appel du nom des 14 victimes, en présence de proches de victimes de la fusillade, des premiers ministres Justin Trudeau et François Legault, de la mairesse de Montréal Valérie Plante et de quelques autres élus.

Après une minute de silence, un choeur composé de 150 personnes interprétera deux pièces de musique pour clore la cérémonie.

En ce 30e anniversaire, 14 universités d’ingénierie du Canada allumeront également chacune un faisceau pour cet hommage. Ces universités sont situées en Ontario, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, en Alberta, au Manitoba et en Colombie-Britannique. Ce sera aussi le cas au Québec sur les campus de l’Université Laval, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et de l’Université du Québec à Rimouski.

Les 14 femmes qui ont perdu la vie lors du drame de Polytechnique sont Geneviève Bergeron, 21 ans ; Maryse Laganière, 25 ans ; Hélène Colgan, 23 ans ; Maryse Leclair, 23 ans ; Nathalie Croteau, 23 ans ; Anne-Marie Lemay, 22 ans ; Barbara Daigneault, 22 ans ; Sonia Pelletier, 28 ans ; Anne-Marie Edward, 21 ans ; Michèle Richard, 21 ans ; Maud Haviernick, 29 ans ; Annie St-Arneault, 23 ans ; Barbara Klucznik-Widajewicz, 31 ans et Annie Turcotte, 20 ans.