Plomb dans l’eau: des détails sur la méthode de mesure pour les garderies en milieu familial

Les personnes responsables des services de garde en milieu familial procéderont elles-mêmes à la prise d’échantillon afin de déterminer le niveau de plomb dans l’eau. 
Photo: iStock Les personnes responsables des services de garde en milieu familial procéderont elles-mêmes à la prise d’échantillon afin de déterminer le niveau de plomb dans l’eau. 

Les personnes responsables des services de garde en milieu familial procéderont elles-mêmes à la prise d’échantillon afin de déterminer le niveau de plomb dans l’eau, selon la méthodologie récemment élaborée par le ministère de la Famille du Québec dans la foulée des révélations de l’automne dans ce dossier.

Les instructions, obtenues par Le Devoir, ont été transmises aux laboratoires agréés ces derniers jours.

Les personnes responsables devront d’abord laisser couler l’eau pendant au moins cinq minutes. Puis, elles devront fermer le robinet et attendre 30 minutes, sans utiliser d’eau nulle part dans la résidence. Enfin, elles rempliront une bouteille puis l’achemineront au bureau coordonnateur dont leur garderie relève.

La méthode préconisée par Québec satisfait largement Michèle Prévost, la titulaire de la Chaire industrielle en eau potable de Polytechnique Montréal. « C’est vraiment une bonne nouvelle, dit-elle. Les garderies en milieu familial sont les services de garde les plus à risque, parce que les résidences privées sont souvent de vieux bâtiments dont les conduites peuvent être en plomb. »

Il est primordial de s’assurer d’un niveau de plomb sécuritaire dans ces services de garde où on sert régulièrement du lait maternisé à des poupons, selon Mme Prévost. « C’est encore plus important que dans les écoles », soutient-elle.

Les enfants de six ans absorbent 10 % du plomb qu’ils consomment, tandis que les bébés en absorbent 50 %, note la spécialiste.

Une enquête du Devoir, des étudiants de l’Institut du journalisme d’enquête de l’Université Concordia et de Global News révélait en octobre que les méthodes utilisées au Québec pour mesurer le plomb dans l’eau potable ne permettaient pas de voir des concentrations élevées et potentiellement dangereuses pour la santé. Le fait de ne pas laisser stagner l’eau dans la tuyauterie pendant au moins 30 minutes avant l’échantillonnage faussait notamment les résultats. Depuis, le gouvernement s’attelle à corriger le tir.

Un bémol quant à l’acide

Dans les services de garde en milieu familial, les bouteilles d’échantillonnage seront fournies par les bureaux coordonnateurs. Elles contiendront quelques gouttes d’acide. Cela permettra de bien dissoudre les particules de plomb et de mesurer correctement le taux présent dans l’eau. Santé Canada recommande cette pratique.

Michèle Prévost exprime cependant une certaine réserve par rapport à cette technique. Elle s’inquiète des risques que peut impliquer la manipulation d’acide par des non-professionnels. « C’est une bonne chose qu’ils acidifient les échantillons, mais ç’aurait pu être fait au laboratoire » a posteriori, dit-elle.

Il y a trois semaines, Le Devoir apprenait que Québec allait envoyer sous peu une lettre aux 16 000 responsables de garderies de la province pour leur demander de réaliser des tests au plomb de leur eau.

Demeure maintenant la question des tests dans les autres types de garderies, comme les CPE. Le 31 mars 2018, 90 000 des 300 000 places offertes dans les services de garde reconnus se trouvaient en milieu familial.