La médaille de l’Assemblée nationale remise aux victimes de Polytechnique

Les familles et les élus du Parlement ont déposé des roses blanches, devenues les symboles de commémoration de la tuerie de l'École polytechnique. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les familles et les élus du Parlement ont déposé des roses blanches, devenues les symboles de commémoration de la tuerie de l'École polytechnique. 

Les parlementaires québécois ont honoré jeudi la mémoire des 14 femmes assassinées lors de la tuerie de l’École polytechnique en leur remettant, à titre posthume, la Médaille de l’Assemblée nationale.

Trente ans après l’attentat antiféministe, les élus du parlement ont répété « Je me souviens ».

De Geneviève Bergeron. D’Hélène Colgan. De Nathalie Croteau. De Barbara Daigneault. D’Anne-Marie Edward. De Maud Haviernick. De Barbara Klucznik-Widajewicz. De Maryse Laganière. De Maryse Leclair. D’Anne-Marie Lemay. De Sonia Pelletier. De Michèle Richard. D’Annie St-Arneault. D’Annie Turcotte.

« Pour toujours, je me souviens », a commencé le président de l’Assemblée nationale François Paradis.

De « l’ambition balayée par la haine », s’est désolé le premier ministre François Legault. De cette « révolution des femmes » que l’on croyait acceptée par tous, puis de la « prise de conscience difficile et nécessaire », a ajouté le chef libéral Pierre Arcand.

Du choc, de l’horreur, de l’incompréhension ; de la « fin de notre insouciance collective », a poursuivi le chef péquiste Pascal Bérubé.

Protéger l’égalité

Aux familles des victimes qui s’étaient réunies dans le Salon rouge, le premier ministre a promis « de tout faire ce qu’il est possible de faire pour que nos valeurs d’égalité ne soient plus attaquées ».

Émue, l’élue solidaire Manon Massé a livré un discours résolument féministe — d’un angle que le Québec accepte maintenant d’utiliser pour discuter de cet attentat sexiste.

Elle a exprimé sa solidarité envers ceux qui « n’allaient [plus] jamais entendre la voix de leur soeur, de leur fille, de leurs blonde, de leurs élève ou de leur amie parce qu’un homme trouvait qu’elle parlait trop fort, qu’elle réussissait trop bien et qu’il fallait la faire taire à tout prix… parce qu’elle était une femme. »

« Je me souviens de ces petits mots, qu’on ne dit qu’une fois : plus jamais », a-t-elle poursuivi. « Puis, nous l’avons répété, encore et encore. Plus jamais. Sauf les 605 femmes assassinées au Québec entre 1997 et 2015. Sauf les milliers de femmes autochtones disparues sans faire de bruit. Plus jamais. Sauf les 12 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex dans la dernière année. Une par mois », a-t-elle laissé tomber.

Au son du violon, sous les images des 14 jeunes femmes tuées à Polytechnique, les familles et les élus du Parlement ont déposé des roses blanches, devenues les symboles de commémoration de l’attentat du 6 décembre 1989.

Tristes et forts, fragiles et courageux, les proches des victimes se sont étreints. Ils seront à Montréal vendredi pour une cérémonie sur le mont Royal.