L’apéro à la québécoise en cinq tendances festives

Jessica Dostie Collaboration spéciale
Max Coubès
Photo: Nesrine Brikci Max Coubès

Ce texte fait partie du cahier spécial Caribou: Recevoir à la québecoise

« Boire le Québec » : c’est la mission que se sont donnée Rose Simard et Max Coubès, les mixologues du site 1 ou 2 cocktails. Certes, ce n’est pas toujours facile, d’autant que certains piliers des recettes traditionnelles — les agrumes ou le sucre par exemple — ne proviennent pas d’ici. Le duo, qui vient de publier son premier livre, L’apéro au Québec, se trouve aux premières loges pour assister à l’effervescence qui s’est emparée de l’univers des spiritueux québécois. En leur compagnie, on donne une saveur locale à nos apéros des Fêtes avec cinq tendances en la matière.

1. Miser sur des ingrédients locaux

Bien sûr, on pense ici aux spiritueux. Il y a cinq ans à peine, qui se souciait vraiment du gin qui accompagnait son soda tonique ? Aujourd’hui, les consommateurs choisissent non seulement un alcool en pensant au producteur, mais privilégient aussi les ingrédients d’ici dans leurs verres, dont les fruits de saison ou des sucres locaux, comme le miel et le sirop d’érable. « On observe une vraie conscientisation, se réjouit Max Coubès, également l’un des fondateurs du 4e Mur, un des premiers bars de type speakeasy à Montréal. C’est important de se demander d’où vient ce que nous consommons. »

L’apéro au Québec. Cocktails locaux et de saison (KO Éditions)

2. Tendre vers le zéro déchet

Le zéro déchet s’impose de plus en plus dans notre quotidien, et l’univers des cocktails ne fait pas exception. « Le cas des pailles a été assez intense », rappellent Rose Simard et Max Coubès, ajoutant que cet enjeu s’est tout naturellement intégré dans leurs manières de faire, que ce soit sur leur plateforme ou dans les événements qu’ils organisent. Terminé, donc, les décorations jetables ! Par extension, le duo limite le gaspillage alimentaire au maximum : « On essaie de donner une deuxième vie à nos ingrédients », explique Rose, par exemple en utilisant le jus d’un fruit, puis en transformant les retailles en sirop.

3. Se faciliter la vie

Recevoir pour l’apéro, c’est bien. S’improviser mixologue et passer le 5 à 7 derrière le comptoir, peut-être un peu moins. C’est pourquoi Max Coubès suggère d’opter pour des recettes simples et d’en faire une grande quantité à la fois. Le traditionnel punch de Noël, pourquoi pas ? (Voir la recette en encadré.) On peut aussi opter pour des cocktails ne demandant que peu d’ingrédients, comme le populaire Spritz. « L’idée, c’est de recevoir sans se compliquer la vie. »

Photo: Nesrine Brikci

4. Célébrer avec du gin d’ici

L’heure est au gin. La preuve ? Même la SAQ a ses pastilles de goût permettant de distinguer huit profils de ce spiritueux, dont celle qu’on nomme « Forestier boréal », aux arômes de conifères. « On dirait que c’est l’empreinte digitale de gins québécois comme Cirka, Km12, Menaud ou Mugo », remarque Max Coubès. Un profil évoquant à la fois les notes herbacées et l’épinette, qui se marie particulièrement bien avec la canneberge et les autres saveurs du temps des Fêtes, ajoute son acolyte.

5. Limiter la teneur en alcool

Pas obligé de ne servir que des boissons fortement alcoolisées pour passer une belle soirée. Ce serait même le contraire, insiste Rose Simard. « C’est une tendance générale qui s’applique bien au temps des Fêtes, dit-elle. Je crois aussi que ça va avec le virage santé, cette conscience de ce qu’on met dans notre corps… et de comment on veut se sentir le lendemain ! » Ainsi, ont créé des mélanges à partir de vermouths ou de vins fortifiés, dont la teneur en alcool ne dépasse pas les 20 %. C’est aussi l’occasion de tester quelques mocktails, des cocktails sans alcool, ce qui aura l’heur de plaire aux enfants comme aux conducteurs désignés !

 

Des ingrédients d’ici dans nos cocktails

Dans leur livre L’apéro au Québec, Rose Simard et Max Coubès s’intéressent bien sûr aux alcools locaux, mais aussi aux ingrédients de saison. En voici un échantillon.
 

Les sucres
Pour donner une touche locale à un sirop simple — une réduction d’eau et de sucre —, il suffit de troquer le sucre pour du sirop d’érable ou du miel.

 

Le jus
Bien que certaines recettes exigent des agrumes fraîchement pressés, le jus de pomme brut se marie plutôt bien avec le rhum épicé, entre autres.

 

Les fines herbes
Tout l’été, thym, menthe et romarin poussent dans notre potager, mais on peut également les cultiver à l’intérieur pour disposer d’herbes fraîches toute l’année.

 

La lavande
On s’approvisionne en fleurs séchées auprès d’un producteur d’ici pour en faire un sirop très aromatique.

 

Les concombres
En tranches fines, les concombres de serre de chez nous se marient à merveille à l’absinthe ou au gin.