Procès de Sami Bebawi: l’ex-dirigeant de SNC-Lavalin ne témoignera pas

Sami Bebawi, un ancien haut dirigeant de SNC-Lavalin, est accusé de fraude et de corruption.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Sami Bebawi, un ancien haut dirigeant de SNC-Lavalin, est accusé de fraude et de corruption.

Accusé de fraude et de corruption, l’ex-dirigeant de SNC-Lavalin Sami Bebawi ne témoignera pas à son procès. Il a annoncé mardi qu’il ne pas présente pas de défense.

C’est son avocate, Me Annie Émond, qui en a fait l’annonce aux jurés lors d’une brève audience.

Le juge Guy Cournoyer, qui préside le procès, a rappelé qu’un accusé n’a pas l’obligation de présenter une défense pour prouver son innocence, puisque c’est à la Couronne de prouver sa culpabilité.

M. Bebawi fait face à cinq chefs d’accusation de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d’un agent public étranger. Il a plaidé non coupable à toutes les accusations.

L’examen de la preuve est donc clos au procès de l’homme de 73 ans.

Les parties seront de retour au palais de justice lundi pour les plaidoiries de la Couronne, suivront les plaidoiries de la défense mardi.

Corruption internationale

Selon la thèse de la poursuite, M. Bebawi a pris part à un stratagème de « corruption internationale et de fraude » qui lui a permis d’empocher personnellement d’importantes sommes d’argent.

L’accusé aurait été impliqué dans le versement de pots-de-vin au fils de l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour s’assurer de bénéficier de son aide pour que SNC-Lavalin obtienne des contrats.

Riadh Ben Aïssa, qui été responsable des projets de SNC-Lavalin en Libye, a notamment raconté aux jurés avoir obtenu le feu vert pour l’achat d’un luxueux yacht de 25 millions de dollars US, destiné à Saadi Kadhafi, après avoir été référé au grand patron de la firme par M. Bebawi.

Le témoin vedette a aussi mentionné que M. Bebawi suivait de près tous les faits et gestes posés en Libye.

M. Ben Aïssa, qui a été arrêté et détenu en Suisse en 2012, a également révélé que son ancien supérieur avait tenté d’acheter son silence. Ce que M. Bebawi ne savait pas, c’est que M. Ben Aïssa avait déjà commencé à collaborer avec les autorités canadiennes.

Un agent d’infiltration a par la suite raconté qu’une opération d’infiltration a été lancée dans le but de confirmer qu’une offre de 10 millions $ avait été faite à M. Ben Aïssa pour qu’il soutienne la version de M. Bebawi.

Lamarre au courant

Durant le procès, un policier est venu témoigner de confidences que lui aurait fait M. Bebawi pas plus tard qu’en avril dernier.

L’accusé a confié être frustré de voir l’ancien patron de SNC-Lavalin Jacques Lamarre nier qu’il était au courant de l’achat d’un bateau pour le fils Kadhafi, a rapporté l’enquêteur Alexandre Beaulieu de la Gendarmerie royale du Canada.

« Il m’a dit « Je ne voulais pas approuver [l’achat du bateau]. J’ai donné ça à Jacques Lamarre. Je leur ai dit que c’était une erreur, qu’on n’aurait pas dû faire ça » », a témoigné le policier.