Gilbert Rozon opte pour un procès devant juge seul

Glbert Rozon est accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes commis il y a environ 40 ans à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Glbert Rozon est accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes commis il y a environ 40 ans à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.
Accusé de viol et d’attentat à la pudeur, l’ancien magnat de l’humour Gilbert Rozon a changé d’idée sur le type de procès à subir et opte finalement pour un procès devant juge seul, a annoncé lundi son avocat. Il restera désormais à déterminer la date de son procès.

« J’ai un mandat clair de [M. Rozon] de “réopter” devant juge seul », a indiqué l’avocat de l’accusé, Me Pierre Poupart.

Puisque sa présence n’était pas exigée au palais de justice à cette étape, M. Rozon n’était pas présent à l’audience qui a duré moins de cinq minutes.  

Ce type de changement est assez habituel, a noté le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard.

« Pour la plupart des crimes sérieux, l’accusé a le choix d’être jugé devant juge seul ou devant juge et jury et, dans la plupart des cas, l’accusé choisira d’être devant juge seul », a noté Me Ménard.

Une audience a été fixée au 7 janvier prochain et pourrait permettre de déterminer la date et la durée du procès.

« Avec les dossiers qu’on voit devant la Cour du Québec ces temps-ci, je pense que c’est très réaliste qu’on puisse avoir une date de procès en 2020 », a souligné Me Ménard.

Rappelons que M. Rozon avait renoncé le 6 novembre dernier à la tenue de son enquête préliminaire et a ainsi été cité à procès.

En décembre 2018, le fondateur de Juste pour rire a été accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes qu’il aurait commis il y a environ 40 ans, alors qu’il était âgé d’une vingtaine d’années. Selon l’acte d’accusation, les événements se seraient produits en 1980 à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

Le producteur de 64 ans avait réagi aux accusations en décembre dernier dans une déclaration écrite en indiquant qu’il entend se défendre.

« J’ai appris […] le dépôt d’accusations à mon encontre concernant un dossier présumé datant d’il y a près de 40 ans. Je vais continuer à me défendre devant la justice et réserve tout commentaire pour cette instance », a-t-il écrit.

La victime alléguée ne fait pas partie des neuf femmes qui avaient raconté au Devoir et au 98,5 FM avoir été victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles de la part de Gilbert Rozon dans la foulée du mouvement de dénonciation #MoiAussi.

Vague de dénonciations
En décembre dernier, après plus d’un an d’enquête, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait confirmé avoir examiné les dossiers de 14 présumées victimes du fondateur de Juste pour rire à la suite de la vague de dénonciations #MoiAussi.

Après trois jours à les rencontrer tour à tour, le DPCP avait annoncé à une seule d’entre elles que sa plainte était retenue.

M. Rozon est également visé par une action collective intentée par les Courageuses, un groupe d’une vingtaine de présumées victimes. Celles-ci lui réclament 10 millions en dommages punitifs seulement.