Noël en Technicolor

Gabrielle Tremblay-Baillargeon Collaboration spéciale
Six ans après leur immense succès auprès des tout-petits, les personnages de «La reine des neiges» sont de retour au grand écran.
Photo: Walt Disney Pictures Canada Six ans après leur immense succès auprès des tout-petits, les personnages de «La reine des neiges» sont de retour au grand écran.

Ce texte fait partie du cahier spécial La culture en cadeau

Le congé du temps des Fêtes amène son lot de cébrations et de réjouissances — et pas seulement autour de la table ! Au grand écran comme au petit, les surprises côtoient les classiques. Avec ces suggestions cinéma, vous aurez l’embarras du choix pendant vos vacances.

Si vous êtes cinéphile, fort est à parier que vous attendiez avec impatience la sortie de Parasite, du sud-coréen Bong Joon-ho, lauréat de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes. Cette haletante aventure traite de la lutte des classes d’une manière singulière… et pour le moins explosive. À voir si ce n’est pas déjà fait ! On flanche aussi pour The Irishman, de Martin Scorcese, qui vivra une courte présence en salle avant sa diffusion sur Netflix. Le réalisateur octogénaire y brosse un portrait tout en finesse de la mafia italo-américaine, porté par deux monuments du genre, Robert De Niro et Al Pacino. Précipitez-vous également pour voir l’Antigone revisitée de Sophie Deraspe : cette version résolument moderne du classique grec transporte la tragédie dans un cocon familial maghrébin au sein du Montréal multiculturel d’aujourd’hui. Une énième adaptation des Filles du docteur March est elle aussi attendue fin décembre. Avec une distribution étoilée (Emma Watson, Saoirse Ronan, Timothée Chalamet, Meryl Streep) dirigée par la toujours surprenante Greta Gerwig, on ne peut que s’attendre à une relecture féministe portée par des dialogues tranchants. Le documentaire The World According to Amazon, lui, prendra l’affiche au cours du mois de décembre, levant au passage le voile sur les rouages désolants du géant de la vente en ligne.

Du côté des superproductions, ne manquez pas La reine des neiges 2, suite du conte norvégien à la sauce Disney que l’on promet plus sombre et plus rocambolesque que le précédent. Les inconditionnels de la franchise étoilée, quant à eux, jubileront devant Star Wars : L’ascension de Skywalker, qui fait suite à l’épisode VIII. Des affrontements musclés entre les Sith et les Jedi sont à prévoir ! Dans un tout autre registre, la bande-annonce de la comédie musicale Cats a fait sourciller le Web lors de sa diffusion cet été, notamment en raison des étranges effets spéciaux transformant le visage des acteurs en créatures mi-félin, mi-humain. Le film adapté du succès de Broadway prendra l’affiche en décembre — voyons voir s’il fera courir les foules ! Enfin, si vos tout-petits ont rigolé devant la refonte de Jumanji il y a deux ans, sachez qu’on attend une suite pour les Fêtes. Et pas de surprises : Jumanji : Le prochain niveau promet de s’inscrire dans la continuité du premier opus, paysages époustouflants compris.

En rattrapage

 

Vous avez manqué les films dont tout le monde parlait cette année ? Comme la plupart sont offerts en location, le temps des Fêtes est l’occasion idéale pour vous rattraper ! Parmi la large sélection de longs-métrages à savourer, on note Le mariage d’adieu, de l’Américaine Lulu Wang. Cette comédie douce-amère raconte l’histoire vraie d’une famille chinoise dont les membres cachent à leur grand-mère son cancer ravageur. Mené par une Awkwafina lumineuse, le film a été salué par la critique à son passage au festival Sundance.

Portrait de la jeune fille en feu, de la Française Céline Sciamma, offre un drame d’époque romantique tout en délicatesse. Dans cette véritable ode à la liberté, une peintre chargée de faire le portrait d’une jeune aristocrate développe des sentiments pour son sujet… et vice-versa. Douleur et gloire, le dernier Almodóvar, vaut lui aussi le détour. À mi-chemin entre l’autofiction et le drame de mœurs, le film suit Antonio Banderas dans le rôle d’un réalisateur au crépuscule de sa carrière. Parmi les productions à grand déploiement qui auront marqué 2019, on compte le Joker polémique (à vous de vous joindre à la discussion !), Histoire de jouets 4, Avengers : Phase finale et le Il était une fois à Hollywood de Quentin Tarantino.

À voir et à revoir

Tradition oblige, Télé-Québec offre une autre édition riche en classiques de Ciné-cadeau. Presque entièrement composée de films d’animation (Astérix et Obélix, Tintin, Shrek et autres Kung Fu Panda), la programmation risque de voler le cœur des petits et des grands encore cette année. Surveillez aussi votre grille horaire pour attraper les (re)diffusions d’incontournables, comme Comment le Grinch a volé Noël, Réellement l’amour (V.F. de Love Actually), Maman, j’ai raté l’avion, La vie est belle (It’s a Wonderful Life) et Le Noël de Charlie Brown ! Du côté des diffuseurs Web, ne manquez pas La légende de Klaus, film d’animation espagnol récemment propulsé par Netflix, et l’émission spéciale qui célébrera le cinquantième anniversaire de Sesame Street sur HBO. Un abonnement à la toute nouvelle chaîne Disney, lancée en grande pompe à la mi-novembre, devrait également fournir des heures de contenu de haut calibre à visionner sans modération.

Photo: Films Séville Image tirée de la version animée de «La guerre des tuques»

Pour un Noël québécois, prenez d’abord place devant La vie heureuse de Léopold Z, long-métrage de Gilles Carle. La veille de Noël, Léopold, préposé au déneigement, se retrouve coincé dans la tempête de neige qui s’abat sur Montréal. Arrivera-t-il à rejoindre sa famille ? Dans la même veine, le très beau Mon oncle Antoine,de Claude Jutra, offre à voir les hivers d’antan du Québec rural sous leur grand manteau blanc dans une ode tranquille à la famille. Enfin, que vous préfériez la version des années 1980 ou sa refonte animée, difficile de passer à côté de La guerre des tuques et de ses batailles de boules de neige.

Des trésors à découvrir

Avec toutes les possibilités qu’offre la vidéo sur demande, dépoussiérer des trésors se fait en un tournemain ! Du côté des comédies musicales (un classique !), donnez une chance à Le chant du Missouri (Meet Me in St. Louis), un régal en Technicolor mettant en vedette une Judy Garland au sommet de son art. L’actrice y chante d’ailleurs la première version de Have Yourself a Merry Little Christmas ! Dans Noël blanc (White Christmas), autre bonbon coloré, Bing Crosby mène une comédie romantique juste assez sentimentale sur une bande d’artistes engagés pour remonter le moral des troupes durant la Deuxième Guerre mondiale. La chanson White Christmas, d’Irving Berlin, a depuis été élevée au rang de classique. Les vacances en famille seront toujours l’occasion de faire tourner d’autres merveilles, comme Chantons sous la pluie (Singin’ In The Rain), Le magicien d’Oz et Le danseur du dessus (Top Hat), un des plus beaux opus du duo Fred Astaire et Ginger Rogers. Si vous n’êtes pas du genre à pousser la note, tournez-vous vers une comédie romantique, Christmas in Connecticut (1945), qui met en scène une Barbara Stanwyck en grande forme dans le rôle d’une journaliste new-yorkaise célibataire à la répartie sans égale. Dans la même veine, Un Noël inoubliable (Holiday Affair) (1949) réunit Janet Leigh et Robert Mitchum dans un scénario aux quiproquos romantiques dégoulinants de bons sentiments. Et pendant que vous y êtes, offrez-vous la version originale de Miracle sur la 34e rue (1947) — c’est Noël, après tout !

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