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Favoriser l’inclusion sociale des aînés

Mélanie Gagné Collaboration spéciale
L'inclusion des aînés a «des retombées sur la santé physique et mentale et elle influence le maintien ou l'adoption de saines habitudes de vie», selon M. Tourigny.
Photo: Getty Images iStock L'inclusion des aînés a «des retombées sur la santé physique et mentale et elle influence le maintien ou l'adoption de saines habitudes de vie», selon M. Tourigny.

Ce texte fait partie du cahier spécial Vieillir mieux

Au cours des prochaines années, l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés (IVPSA) de l’Université Laval mettra en oeuvre un vaste projet d’intervention et de recherche visant à mieux inclure les aînés dans la société.

Le gouvernement fédéral a confirmé son appui à la réalisation du projet de 4 millions de dollars intitulé L’inclusion sociale des aînés : un enjeu collectif, qui s’étalera sur cinq ans. Il est mené par l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval et financé par le programme Nouveaux Horizons pour les aînés — volet Subventions et contributions pancanadiennes — d’Emploi et Développement social Canada.

« L’inclusion sociale, explique André Tourigny, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et codirecteur à l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval (IVPSA), c’est la capacité de participer pleinement à la vie de la société, de pouvoir y contribuer puis d’en tirer parti. Elle a des retombées sur la santé physique, sur la santé mentale et elle influence le maintien ou l’adoption de saines habitudes de vie. »

Ce projet concerne les aînés qui habitent le territoire de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), qui inclut notamment l’agglomération de Québec, Lévis et les MRC de La Côte-de-Beaupré, de La Jacques-Cartier et de l’Île-d’Orléans. L’IVPSA et ses collaborateurs prioriseront les aînés de 65 ans et plus qui vivent des situations d’exclusion ou qui sont à risque d’en vivre parce qu’ils habitent dans des secteurs présentant de hauts indices de défavorisation, en milieu rural ou qu’ils appartiennent à une minorité linguistique ou à une communauté autochtone.

L’IVPSA a été désigné comme organisme porteur du projet et mènera des recherches-actions afin de développer les stratégies les plus efficaces pour agir sur les facteurs qui peuvent être des obstacles à l’inclusion sociale. Cet institut est composé de plus de 30 professeurs et 60 étudiants issus de 7 facultés et de près de 80 membres partenaires du secteur communautaire, public ou privé.

« Sur les cinq années, indique M. Tourigny, c’est au cours de la première qu’on fera tous les efforts de mobilisation des partenaires. Contrairement à des demandes antérieures où tout était établi d’avance, que nous savions quel projet mettre sur pied pour agir sur tel besoin, ici, la grande particularité, c’est qu’on identifie les territoires où on veut intervenir, et après on mobilise, on identifie les besoins et on fait un plan d’action, puis un plan d’évaluation. Dans les quatre autres années, ajoute-t-il, on livre la marchandise, on réalise les actions. C’est vraiment une concertation élargie et une mobilisation des territoires sur lesquels les interventions vont être faites. »

« Il faut multiplier les efforts pour faire attention à l’image que l’on projette des personnes aînées, soutient M. Tourigny. Développer les réflexes, conscientiser les gens. »

L’une des approches est de développer, au cours des cinq prochaines années, le volet intergénérationnel. « Ça a des effets intéressants autant pour les personnes aînées que pour les plus jeunes qui participent avec elles à des activités, affirme-t-il. Il y a un échange de savoirs, d’expériences, de conseils. Il y a aussi encore beaucoup de travail à faire pour combattre l’âgisme, montrer davantage la contribution des personnes aînées. 

Obstacles à l’inclusion

Les facteurs sous-jacents à l’inclusion sociale sont multiples et multisectoriels. Huit domaines d’intervention ont été ciblés pour le projet :

- emploi / revenu

- soutien / participation sociale / civique

- éducation / compétence

- santé / incapacités

- logement / habitation

- voisinage / mobilité / communauté

- ressources sociales / sécurité personnelle

- technologies / littératie

Les revenus limités constituent un obstacle majeur.