Bien vieillir, une question d’équilibre

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Ancienne danseuse de ballet, Thérèse Cadrin Petit a une passion pour le geste précis et l’art du mouvement. Passion qui l’a amenée à étudier l’anatomie, la physiologie, la mécanique humaine et l’ostéopathie.
Photo: Courtoisie Ancienne danseuse de ballet, Thérèse Cadrin Petit a une passion pour le geste précis et l’art du mouvement. Passion qui l’a amenée à étudier l’anatomie, la physiologie, la mécanique humaine et l’ostéopathie.

Ce texte fait partie du cahier spécial Vieillir mieux

La fondatrice de la technique de gymnastique sur table, Thérèse Cadrin Petit, possède une grande expertise dans l’enseignement d’exercices pour garder la forme tout en vieillissant. À Montréal, l’une de ses activités principales consiste à animer des ateliers d’amélioration de la posture. Dans l’un d’eux, la participante la plus jeune a 78 ans et la plus âgée, 99 ans ! dit-elle avec enthousiasme.

Arrivée elle-même à un âge avancé, Mme Cadrin Petit est en pleine possession de ses moyens. Elle est persuadée que, malgré la vieillesse, il est possible de marcher droit, d’avoir encore un bon équilibre et de garder la forme.

Une carrière bien remplie

Mme Cadrin Petit sait de quoi elle parle, et son expérience de vie en témoigne. Ancienne danseuse de ballet, elle a œuvré pour les Grands Ballets canadiens, pour le Ballet national du Canada et pour la Comédie-Française. Elle a aussi été professeure de danse. Sa passion pour le geste précis et l’art du mouvement l’a amenée à étudier l’anatomie, la physiologie, la mécanique humaine et l’ostéopathie.

Dans les années 1980, la directrice de l’École nationale de théâtre d’alors, Michèle Rossignol, lui demande de développer une méthode pour former ses étudiants. En partant de la table Penchenat (développée en 1920 par Ferdinand Penchenat, un athlète blessé lors de la Première Guerre mondiale), elle adapte la technique et développe sa méthode de gymnastique sur table. Cette gymnastique corrective a fait ses preuves depuis. Elle est brevetée et enseignée dans 14 centres au Québec et ailleurs dans le monde.

Les avantages de la méthode sont nombreux. Sa pratique régulière permet d’acquérir une meilleure posture, d’accroître l’endurance et l’énergie, d’augmenter la flexibilité et la souplesse, de développer de la force, de renforcer la musculature profonde et de diminuer le stress et les risques de blessures.

Au fil des ans, Thérèse Cadrin Petit a constaté que, trop souvent, les gens se blessent en faisant des exercices de façon inappropriée, en voulant progresser trop vite dans un sport ou encore en refusant d’admettre qu’en vieillissant, il est difficile d’améliorer ses performances ou de les conserver au même niveau.

Elle constate par ailleurs que le manque d’expérience du personnel travaillant dans les gymnases est un autre problème important. « Ils ont souvent une formation insuffisante, car ces endroits ne sont pas tenus d’embaucher des kinésiologues », déplore-t-elle. Dans ces circonstances, les risques de blessures peuvent survenir, en levant un poids trop lourd pour la capacité de la personne par exemple.

Conserver un bon équilibre

Selon la formatrice, le bon enseignement des exercices peut allonger pourtant l’espérance de vie en forme et en santé. « Faire des mouvements, c’est très bon, mais bien les faire, c’est primordial », prévient-elle. Elle travaille ainsi à contrer la perte d’autonomie qui peut survenir avec l’âge. Si on peut déjà garder un bon équilibre à un âge avancé, c’est un très bon point, souligne-t-elle. Elle enseigne notamment des exercices permettant de se relever en cas de chute. « Mais il faut les pratiquer régulièrement », prévient-elle.

Aux personnes vieillissantes, elle suggère en premier lieu la marche, pratiquée à une bonne cadence. La natation est également une très bonne option, « car elle permet à toutes les articulations de bouger », indique-t-elle. Le vélo stationnaire peut également faire beaucoup de bien pour peu qu’on y aille progressivement. « En faire trois demi-heures par semaine est très bon », note Thérèse Cadrin Petit. Elle ne recommande toutefois pas la course à pied, surtout pour les gens qui n’en ont jamais fait, car cela est trop exigeant pour les articulations.

Quoi qu’il en soit, elle conseille aux gens n’ayant jamais fait d’exercice de commencer doucement. « Il est possible de faire des progrès si on fait les choses de façon continue et si on y va progressivement », soutient-elle, précisant qu’il faut aussi tenir compte de sa morphologie et de sa taille.

Ainsi, selon elle, une séance d’aérobie au sein de laquelle tous les participants font les mêmes gestes est une véritable ineptie. « Cela peut être bon pour certains et néfaste pour d’autres », explique-t-elle.