L’ouverture d’un centre de jour fait le bonheur des itinérants du square Cabot

Putulilt Quimax remercie chaleureusement David Chapman, le directeur du nouveau centre de jour Résilience.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Putulilt Quimax remercie chaleureusement David Chapman, le directeur du nouveau centre de jour Résilience.

Les itinérants du square Cabot, près du métro Atwater, qui avaient perdu leur centre de jour l’an dernier, ont désormais un nouveau « safe place » où ils pourront manger, se réchauffer, prendre une douche, se reposer et obtenir des soins psychosociaux.

« Je suis si heureuse ! lance Timmiaq, une femme autochtone qui vit en situation d’itinérance depuis des années. Il était temps ! Depuis le départ de la Porte ouverte l’an dernier, je n’avais nulle place où aller pour me reposer. Maintenant, j’ai une place ici. Ça va être le meilleur Noël de ma vie : je vais être au chaud… »

Comme plusieurs autres Autochtones venus assister à l’inauguration du nouveau centre de jour Résilience, au coin des rues Atwater et Sainte-Catherine Ouest, Timmiaq a les larmes aux yeux. Elle embrasse avec émotion le directeur du centre, David Chapman, qui n’a pas compté ses heures ces dernières semaines pour transformer l’ancien McDonald’s en un lieu accueillant.

« C’est plus qu’un centre de jour pour personnes itinérantes, c’est un centre de guérison, un endroit où [elles] vont pouvoir retrouver le sens de la communauté et le support dont [elles] ont besoin », résume Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal qui est à l’origine du projet.

« On voulait que les gens se sentent chez eux, ajoute-t-elle fièrement, tout en présentant les installations aux médias. Il y a un foyer, de la verdure, un comptoir à café, des couleurs apaisantes. On voulait qu’ils se sentent les bienvenus parce que les gens qui viennent ici, ils se font généralement mettre à la porte des endroits qui offrent un environnement aussi accueillant… »

Le square Cabot est reconnu comme lieu de rencontre pour les communautés inuit et des Premières nations, qui composent 40 % de la population en situation d’itinérance dans le secteur.

La mairesse de la Ville de Montréal, Valérie Plante, s’est réjouie de l’ouverture d’un « safe place » pour personnes en situation d’itinérance.

« Montréal est une ville inclusive […] qui ne veut laisser personne dans la rue, parce que c’est un droit fondamental que d’avoir un toit sur la tête et de pouvoir se nourrir, peu importe d’où l’on vient, la couleur de notre peau ou la langue que l’on parle… Nous allons faire de ce projet un véritable succès […] un projet pérenne qui s’adaptera aux besoins de chacun. »

Le projet a vu le jour grâce à la collaboration de plusieurs organismes locaux, de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec. Un budget de 900 000 $ a été attribué à son fonctionnement pour la première année.

« L’ouverture du centre de jour est une réponse d’urgence à une crise qui s’est amplifiée depuis le déménagement du centre La Porte ouverte, a soutenu à son tour la mairesse d’arrondissement, Christina Smith. C’était donc, littéralement, une question de vie ou de mort. »