L’âge d’or de la gériatrie

Gabrielle Tremblay-Baillargeon Collaboration spéciale
Jacques Nadeau archives Le Devoir

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Selon le ministère de la Famille, près d’un Québécois sur cinq a atteint ou dépasse l’âge vénérable de 65 ans. Et cette tranche de la population est appelée à grandir — et à vieillir ! — au cours des années à venir, modelant au passage les besoins en santé des institutions provinciales. Malgré tout, Francine Sénécal, présidente de la Fondation Institut de gériatrie de Montréal, un organisme affilié à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM), dresse un portrait résolument positif de la vieillesse au Québec.

L'IUGM est le centre d’excellence sur le vieillissement le plus important de toute la francophonie. Qu’est-ce qui vous permet de revendiquer ce titre ?

L’Institut universitaire de gériatrie regroupe plusieurs activités : un CHSLD, des soins de courte durée dans les cliniques en réadaptation et en réévaluation, et plus de 50 cliniques d’excellence affiliées à des chaires de recherche à la fine pointe des développements.

Bon an, mal an, environ 50 % des fonds récoltés par la Fondation sont remis àla recherche en gériatrie. Quelles percées concrètes cette avenue permet-elle ?

 

Les chaires de recherche travaillent sur tous les fronts : activité physique, enjeux économiques, santé gynécologique… La Dre Cara Tannenbaum, par exemple, gère une chaire en santé du vieillissement. Son expertise concerne la pharmaceutique : selon elle, les aînés doivent se questionnerdavantage sur les médicamentsqu’on leur prescrit.

On parle beaucoup des conditions de vie des personnes âgées en CHSLD. Quels sont les éléments essentiels pour que la vie dans ces milieux-là soit agréable ?

La Fondation soutient beaucoup d’activités de loisir comme la harpe-thérapie, les concerts, la zoothérapie… Les soins sont déjà pris en charge par le gouvernement : nous, on bonifie l’expérience des résidents. On prend également en charge le réaménagement des unités de soins. Oui, on est dans un milieu hospitalier, mais les gens qui sont là, c’est leur dernière maison. On veut qu’ils se sentent bien, que ce soit agréable pour eux d’y vivre.

Récolter des dons en 2019, est-ce difficile ?

Le monde de la philanthropie est très compétitif : il y a beaucoup d’organismes, et la tarte n’augmente pas. Il faut être à l’avant-garde des nouvelles stratégies de sensibilisation et, surtout, faire preuve de beaucoup de rigueur et de transparence. Les gens veulent être certains que le dollar qu’ils donnent va être bien investi.

Qui donne en gériatrie au Québec ?

En ce moment, on a des donateurs de tous âges, mais aussi beaucoup de femmes et d’entreprises. Le Québec vieillit : d’ici 10 ans, 30 % de la population aura plus de 65 ans. C’est un enjeu très important dont on ne se préoccupait pas beaucoup auparavant. Aujourd’hui, on n’a plus le choix d’être conscientisé à ce sujet.

Vieillir, est-ce un sujet tabou ?

Ça l’est de moins en moins. On s’inquiète beaucoup des problèmes de soins dans les CHSLD, mais moins de 10 % de gens s’y retrouvent. La grande majorité des personnes âgées sont autonomes et vieillissent bien. Et ça, on oublie d’en parler. Ces gens-là sont une force vive de la société !

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