Des banques aux citoyens

Catherine Martellini Collaboration spéciale
André Bérard
Photo: Courtoisie André Bérard

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Issu d’un milieu modeste, l’ancien président du conseil et chef de la direction de la Banque Nationale André Bérard s’est fait un devoir pendant un demi-siècle de redonner à la société québécoise, grâce à laquelle il a connu un parcours professionnel riche.

Né à Bedford en 1940, André Bérard est un banquier de carrière. Dès l’âge de 18 ans, il joint la Banque Nationale, au sein de laquelle il évolue à divers postes, gravissant les échelons. « Très rapidement, j’ai été fasciné par le dévouement et l’abnégation des bénévoles », souligne-t-il. Il décide alors de s’investir dans diverses activités locales, comme les banques alimentaires et les petits-déjeuners remis aux enfants, faute d’avoir les moyens à l’époque de faire des dons en argent.

Le savoir, la santé et la société comptent parmi les domaines qu’il a toujours eu à cœur de soutenir. Il a ainsi contribué à de nombreuses campagnes de souscription, notamment pour la Fondation de l’Institut de cardiologie de Montréal, l’hôpital Sainte-Justine, l’Université de Montréal et HEC, pour ne nommer que ceux-là.

« Je me suis toujours déplacé en personne pour solliciter les grandes entreprises à faire des dons, précise-t-il. J’estimais que c’était la moindre des choses. »

Il s’est également donné comme mission à la Banque d’acheter des tableaux de jeunes peintres québécois, considérant que c’était un rôle social qu’elle se devait de jouer.

« Les banques sont souvent perçues comme de mauvais citoyens corporatifs, explique-t-il. J’essayais de donner l’exemple à la Banque pour que tous nos employés s’impliquent à leur niveau et dans leur ville respective, afin justement d’insuffler une âme à l’institution financière. »

Le prix André-Bérard, remis par la BNC, a d’ailleurs été créé en l’honneur de l’ex-président, pour rendre hommage aux employés et aux retraités qui se démarquent par leurs activités bénévoles.

Son action philanthropique s’étend également aux entrepreneurs.

« Le Québec connaît des résultats économiques qui surpassent même ceux du reste du Canada, affirme-t-il. C’est important de reconnaître que des entrepreneurs sont partis de rien il y a 30, 40 et 50 ans, et qu’à force de travail, de risque et de vision, ils ont contribué à former l’ossature économique que l’on connaît aujourd’hui ».

Il leur apporte son appui notamment en étant actif au sein du Club de relations d’affaires Canada-France, mais aussi en étant membre de Jeunes entreprises du Canada, de la Jeune Chambre de commerce de Montréal, de la Chambre de commerce du Québec, ainsi que du comité politique du Conseil canadien des chefs d’entreprise.

Depuis sa retraite, il continue à faire des dons réguliers à titre personnel. Parmi les distinctions qu’André Bérard a reçues au cours de sa vie, citons le titre d’officier de l’Ordre du Canada en 1995 et de l’Ordre de Saint-Jean l’année suivante. Il fut nommé Grand Montréalais en 1997, puis Personnalité québécoise de l’année par le Conseil du patronat du Québec en 2005.