Concours: la preuve par l’image

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Photo: iStock

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Prendre la science par l’autre bout, par l’image et non par les mots. C’est l’idée originale derrière ce concours lancé par l’Acfas en 2010 et consacré aux images issues de recherches scientifiques dans tous les domaines de la connaissance.​

1. Prix spécial du jury

Fèmy Fagla , École des sciences de la gestion de l’UQAM

Chaque matin, un jeune garçon se juche sur son radeau de fortune : un assemblage de bidons de plastique. Armé de sa perche, il parcourt 5 kilomètres pour rejoindre son école située à Ganvié, une cité lacustre de 40 000 habitants. Un bel exemple de débrouillardise propre aux populations de ces villages perchés sur les eaux du lac Nokoué, au Bénin. Le chercheur en urbanisme documente leur mode de vie et leur capacité d’adaptation dans un contexte de changements climatiques.

2. Prix du jury

Pierre-Alexandre Goyette , Polytechnique Montréal

Un fluide est injecté dans une ouverture située au centre de l’image. Il se retrouve emprisonné dans un mince interstice, baigné aussi de fluide, et réaspiré par une deuxième ouverture située à droite de l’image. À cette échelle du micromètre, les fluides ne connaissent pas de turbulence. Ils s’écoulent de manière laminaire, comme en témoignent les microbilles fluorescentes scintillant dans le noir. Le contrôle précis des fluides sur des surfaces permet l’amélioration de tests biomédicaux nécessitant le marquage de tissus biologiques.

3. Prix du jury

Laurent Drissen, en équipe avec Marcel Sévigny et Nicolas St-Louis , Université Laval et Université de Montréal

Au cœur de cette gigantesque bulle de gaz se cache une étoile de type Wolf-Rayet. À la veille d’exploser en supernova, elle éjecte, sous forme de vents stellaires, de phénoménales quantités de matière qui se déploient dans le nuage moléculaire environnant. Cette image Doppler montre l’expansion inexorable de cette nébuleuse, dénommée NGC 2359. Ici, seules les longueurs d’onde de la raie d’hydrogène ionisé ont été sélectionnées et les couleurs correspondent aux vitesses des gaz : du bleu, se rapprochant de nous, au rouge en direction opposée.

4. Prix du jury

Julien Saguez , CEROM

Ces drôles de « soucoupes volantes » sont en fait des dizaines d’œufs posés sur les feuilles à la cime d’un plant de maïs. Bientôt, ils libéreront les larves du ver-gris occidental du haricot, très friandes des épis en devenir. Ces œufs sont pondus par des papillons nocturnes originaires du centre des États-Unis et maintenant bien établis en Ontario. Portés par les vents jusqu’au Québec, ils pourraient, craint-on, s’installer ici à demeure.

5. Prix du public – Découverte

Pascale Chevarie, en équipe avec Stéphanie Arnold, Jean-François Laplante, Nicolas Toupoint et Francine Aucoin Merinov

Voici Homarus americanus à l’état de prélarve, récolté au large des îles de la Madeleine. La mesure du diamètre de l’œil de cet embryon de homard, associée à la température de l’eau, annonce l’éclosion de l’œuf d’ici cinq semaines. Ces données, amassées en collaboration avec des pêcheurs, permettent d’estimer l’abondance des cohortes à venir. Il faudra à ce tout-petit quelque huit ans avant d’atteindre la taille adulte commercialisable.