Les fugues de mineurs en baisse au Québec

Selon Pina Arcamone, il n’y a pas de stéréotype pour décrire un fugueur ou une fugueuse puisque les fugueurs peuvent provenir de tous les milieux, peu importe leur groupe d’âge, leur origine ethnique ou leur milieu socio-économique.
Photo: iStock Selon Pina Arcamone, il n’y a pas de stéréotype pour décrire un fugueur ou une fugueuse puisque les fugueurs peuvent provenir de tous les milieux, peu importe leur groupe d’âge, leur origine ethnique ou leur milieu socio-économique.

Le nombre de jeunes en fugue a diminué d’environ 16 % au Québec, pour passer de près de 6000 signalements en 2017 à 5000 l’an dernier. C’est le constat dressé par le Réseau Enfants-Retour qui, pour une neuvième année consécutive, consacre tout le mois de novembre à la sensibilisation et à la prévention des fugues, notamment auprès des jeunes dans les écoles.

La directrice générale du Réseau Enfants-Retour, Pina Arcamone, souligne « qu’un fugueur sur trois devient victime d’exploitation sexuelle » d’où l’importance de sensibiliser les enfants aux dangers sur le Web, aux relations d’amitié, mais aussi aux notions de respect de soi, de consentement et même de courtoisie.

Il y a un an, en octobre 2017, le Réseau Enfants-Retour lançait ses ateliers bilingues AIMER (Affirmation — Image de soi — Mettre ses limites — Égalité — Relations saines) conçu pour les élèves âgés de 10 à 13 ans. Il s’agit d’ateliers gratuits animés par des sexologues.

Depuis un an, ces ateliers ont été présentés à plus de 20 000 élèves dans les écoles de la province, notamment à Gatineau, Montréal, Laval, Longueuil et Trois-Rivières. Mardi prochain, ce sera au tour de 300 enfants d’une école de Sherbrooke de bénéficier de ces ateliers pour sensibiliser les élèves aux dangers d’une fugue, tout en leur offrant des solutions de rechange.

Le programme connaît tellement de succès qu’une plateforme électronique sera lancée en 2020 pour les écoles éloignées des grands centres, notamment en milieux autochtones. Les ateliers ont aussi été conçus en anglais pour les écoles anglophones.

Des fugues à 60 % féminines

Pina Arcamone souligne que ces ateliers ne s’adressent pas seulement aux filles, même si celles-ci représentent 60 % des cas de fugues. Mme Arcamone note que les garçons sont aussi dans la mire de ceux qui veulent les entraîner dans des activités délinquantes, et aussi des prédateurs sexuels.

Le Réseau Enfants-Retour offre aussi plusieurs outils aux parents sur son site Web pour les guider dans leur approche et leurs discussions avec leurs enfants, selon leur âge, dans l’objectif d’accroître leur sécurité sans leur faire peur.

Mme Arcamone affirme que les adolescents doivent se sentir écoutés et appuyés dans leur milieu familial. Il faut aussi les encourager à partager les secrets qui les effraient ou les rendent mal à l’aise. Pour la directrice générale du Réseau Enfants-Retour, une bonne communication demeure le meilleur moyen de prévention.

Elle ajoute que les enfants ayant une saine estime de soi sont moins à risque de devenir victimes d’enlèvement, d’agression ou d’exploitation. Selon Pina Arcamone, il n’y a pas de stéréotype pour décrire un fugueur ou une fugueuse puisque les fugueurs peuvent provenir de tous les milieux, peu importe leur groupe d’âge, leur origine ethnique ou leur milieu socio-économique.