Des familles d’accueil dénoncent le manque de soutien

<p>La commission est présidée par l’ancienne syndicaliste infirmière Régine Laurent.</p>
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne

La commission est présidée par l’ancienne syndicaliste infirmière Régine Laurent.

Devant la Commission Laurent sur la protection de la jeunesse jeudi, des familles d’accueil ont livré un témoignage touchant sur le manque de reconnaissance auquel elles sont confrontées, le manque d’écoute de la part des établissements du réseau des services sociaux et le manque d’outils pour les épauler.

Pourtant, ces familles — qui sont en nombre insuffisant — sont celles qui reçoivent des enfants du système de protection de la jeunesse pour aider. Elles sont le dernier recours.

« Leur travail, ce n’est pas de taper sur les doigts des familles », a lancé Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d’accueil et ressources intermédiaires.

Le regroupement représente 2500 familles d’accueil qui reçoivent 5000 enfants « dans leur cœur et dans leur maison », a précisé Mme Rioux.

Elle a notamment déploré les règles de confidentialité trop strictes, qui font que les familles d’accueil ne sont pas informées du passé de l’enfant qu’elles acceptent dans leur maison. Elles ignorent si un enfant qui leur a été confié a été agressé sexuellement, par exemple. Or, cela peut changer les façons d’interagir avec lui, au moment de lui donner un bain, par exemple, a illustré Mme Rioux. Ces familles doivent être mieux informées si elles sont de véritables partenaires du réseau, a-t-elle plaidé.

Mme Rioux a relaté le cas d’un enfant qu’elle a accueilli et qui lui demandait souvent ce qu’elle ferait si les « voleurs » venaient dans la maison. Elle a fini par comprendre que cet enfant avait souvent été déplacé de famille d’accueil en famille d’accueil et que, par l’expression « voleurs », il voulait identifier les intervenants sociaux qui le déplaçaient.

Donner une voix aux jeunes
Avant cette fédération, le groupe Accès au droit et à la justice a déploré le manque de voix des jeunes dans le système de protection de la jeunesse et dans leur accès à la justice.

Les jeunes ne connaissent pas leurs droits, a constaté Valentine Fau, porte-parole de ce groupe. L’approche est trop « adulto-centrée » et doit être remise en question. Personne ne prend le temps d’expliquer le système de protection de la jeunesse aux jeunes qui vivent dans ce système.

Mme Fau estime que les intervenants sociaux devraient être « un relais essentiel » en la matière, en informant les jeunes de leurs droits. Or, plusieurs travailleurs sociaux soulignent qu’ils manquent de formation juridique en la matière. Et ceux qui ont cette formation juridique, à savoir les avocats et les juges du système de protection de la jeunesse, eux, n’ont pas la formation en travail social. Mme Fau a donc plaidé pour un partage de connaissances entre les professionnels dans ce secteur.

Elle croit que même les jeunes entre eux peuvent partager leurs apprentissages. Quand on dit à un jeune « tu fais ça, c’est tout », il a tendance à se braquer. Mais s’il participe à un projet, s’il le « co-construit », cela favorisera son épanouissement et son apprentissage de l’autonomie, a-t-elle expliqué.

La semaine prochaine, la commission se déplacera à Sept-Îles pour y tenir trois journées d’audiences. Elle reviendra par la suite à Montréal le 26 novembre.