Gilbert Rozon renonce à son enquête préliminaire

Gilbert Rozon
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Gilbert Rozon
Gilbert Rozon a renoncé mercredi matin à la tenue de son enquête préliminaire. L’ancien grand patron de Juste pour rire a ainsi été cité à procès pour viol et attentat à la pudeur.

L’enquête préliminaire était prévue pour le 12 novembre et la femme qui soutient avoir été violée par le magnat de l’humour devait y être contre-interrogée par la défense. Cette étape n’aura donc pas lieu.

Le fondateur du festival Juste pour rire a été accusé pour des gestes commis en 1980 à Saint-Sauveur, dans les Laurentides. L’identité de la présumée victime est évidemment protégée. L’acte d’accusation a été modifié : initialement, il avait été indiqué que les gestes reprochés s’étaient déroulés en 1979, mais la poursuite a indiqué qu’après une analyse de la preuve et de nouvelles informations, l’année 1980 « était plus conforme à la preuve ».

L’homme de 65 ans avait réagi par courriel le jour même où les accusations avaient été déposées contre lui, le 12 décembre dernier : « J’ai appris ce matin le dépôt d’accusations à mon encontre concernant un dossier présumé datant d’il y a près de 40 ans. Je vais continuer à me défendre devant la justice et je réserve tout commentaire pour cette instance. »

Ces accusations de viol et d’attentat à la pudeur ont été déposées en vertu du Code criminel en vigueur en 1980, ce qui explique le libellé des chefs d’accusation, le crime de viol n’existant plus de nos jours sous cette appellation.

L’étape de l’enquête préliminaire est souvent une occasion pour l’accusé d’évaluer ce que la poursuite détient comme preuve contre lui.

« Même si les gens ne vont pas nécessairement contester les chefs d’accusation à l’enquête préliminaire, c’est une étape qui peut être utile parfois pour tester la solidité de la preuve et ça arrive parfois qu’un accusé, après avoir demandé la tenue d’enquête préliminaire et examiné la preuve, va en arriver à la conclusion que ce n’est peut-être pas pertinent au niveau du choix de la défense », a déclaré en mêlée de presse mercredi le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard.

Il estime que la tenue d’un procès en 2020 est réaliste.

Gilbert Rozon a choisi un procès devant juge et jury, mais il peut encore changer d’idée et décider de procéder devant un juge seul.

L’accusé doit être de retour devant la Cour supérieure le 2 décembre prochain.