Commission Laurent: il faut guérir les blessures plutôt que punir les jeunes, plaident des experts

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, poursuit ses audiences publiques à Montréal.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, poursuit ses audiences publiques à Montréal.

Devant la Commission Laurent sur la protection de l’enfance, mardi, le Centre de recherche sur l’enfance et la famille a plaidé pour une approche axée sur le trauma chez le jeune plutôt que sur ses troubles de comportement.

Depuis le début des audiences de la commission, plusieurs jeunes adultes qui sont passés par le système de protection de la jeunesse ont effectivement déploré le fait que les intervenants avaient trop mis l’accent sur leurs troubles de comportement — fugues, colères, absences scolaires — plutôt que sur leur vécu, leurs problèmes.

Et c’est ce qu’a prêché mardi Delphine Collin-Vézina, directrice du Centre de recherche sur l’enfance et la famille : réorienter l’approche auprès du jeune à partir des traumatismes qu’il a vécus.

Mme Collin-Vézina a notamment recommandé d’offrir plus de soutien et de supervision aux intervenants en centre de réadaptation, plus de lieux d’échange par des rencontres. « Le manque de ressources est criant », a-t-elle déploré.

Elle a également proposé d’offrir de meilleures conditions de travail aux intervenants, afin de les garder dans le système de protection de la jeunesse et qu’une expertise puisse ainsi s’y développer.

L’approche axée sur le trauma, qu’elle a expliquée, vise à chercher et à comprendre pourquoi le jeune a développé les comportements « défiants » ou « oppositionnels » que l’on déplore, pourquoi il manque d’habiletés sociales, par exemple. Cela suppose une vision « plus holistique » qui répond davantage aux besoins de l’enfant, a-t-elle expliqué.