Tempête: des milliers de foyers demeurent sans électricité

Un cycliste passe près des tronçons d’un arbre qui a été déraciné durant la tempête du 1er novembre dernier, sur la rue Saint-Hubert.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Un cycliste passe près des tronçons d’un arbre qui a été déraciné durant la tempête du 1er novembre dernier, sur la rue Saint-Hubert.

Alors que plus de 85 % des clients d’Hydro-Québec privés d’électricité depuis vendredi en raison d’une tempête automnale ont été rebranchés depuis, près de 50 000 abonnés étaient toujours dans le noir, lundi à 6h30. La « majorité » des clients devraient ravoir l’électricité lundi, mais des « cas extrêmes » pourraient devoir attendre jusqu’à mardi, voire mercredi, d’après un porte-parole de la société d’État.

« Ce qui reste à faire ne sera pas une mince affaire », résume Francis Labbé, en entrevue au Devoir. Il explique que les dégâts ont été causés par de forts vents qui ont endommagé des arbres.

Les régions du Centre-du-Québec, de Chaudière-Appalaches, de la Montérégie, de l’Estrie, des Laurentides et de la Mauricie sont encore les plus touchées par les pannes du réseau d’Hydro-Québec. Au plus fort de la panne, soit vendredi à 15 h, la société d’État estime que 990 000 clients étaient sans électricité.

Dimanche après-midi, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a déclaré en point de presse que les réparations faites par Hydro-Québec rebrancheraient dorénavant moins de client à la fois. 

« C’est possible, mercredi, qu’il reste quelques personnes. Ce sera de loin les cas les plus difficiles », prédit M. Labbé. Des renforts provenant du Michigan, d’Ottawa et du Nouveau-Brunswick sont venus prêter main-forte aux 1100 employés d’Hydro-Québec œuvrant au rétablissement du courant, dimanche. Quelque 1500 travailleurs s’affaireront sur le terrain, lundi.

Des clients toujours dans le noir

Mélissa Martin vit dans le quartier Vanier, à Québec, avec son conjoint et leurs deux fillettes. Dimanche après-midi, sa famille était toujours sans électricité, et ce, depuis vendredi midi. « On est encore dans le néant, on ne sait pas quand ça va revenir », dit-elle.

Même son de cloche chez Fayçal Bourougaa, qui vit à Sainte-Foy. Le père de deux enfants en bas âge ignore quand il sera rebranché. « Ça ne bouge pas, c’est ça le problème. Il n’y a pas d’horaire fixe de rétablissement », déplore-t-il.

Alors que certains des Québécois sans électricité se sont réfugiés chez des proches, M. Bourougaa est resté chez lui avec sa famille. Il explique ne pas avoir sollicité l’aide de son entourage pour ne pas « déranger les gens ». « Je n’ai pas d’autre solution  », confie-t-il.

Quant à Mme Martin, elle ira dormir chez ses beaux-parents avec sa famille. Elle compte passer la nuit ailleurs que chez elle tant que l’électricité ne sera pas revenue. « Je me compte chanceuse […], mais ce n’est quand même pas évident avec deux enfants », explique-t-elle.

Certains comme Hugo Archambault, qui possède une ferme laitière à Saint-Louis-de-Gonzague en Montérégie, doivent prévoir d’importantes pertes financières. Sans électricité depuis vendredi matin, M. Archambault doit recourir à une génératrice afin de continuer à alimenter sa ferme. « Je suis rendu à une demi-tank de diesel, donc ça va coûter pas loin de 1000 $ », évalue-t-il.

Le fermier explique que, comme il éteint la génératrice durant la nuit, cela génère également des pertes quant à sa production laitière. Il prédit que, si la panne se poursuit jusqu’à lundi, elle aura occasionné « quelques milliers de dollars » en pertes financières.

Avec La Presse canadienne