Des Québécois toujours privés de courant

Le PDG d'Hydro-Québec Éric Martel et le premier ministre François Legault lors d'une conférence de presse samedi 2 novembre. Le premier ministre a parlé de «la pire situation depuis la fameuse crise du verglas de 1998».
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le PDG d'Hydro-Québec Éric Martel et le premier ministre François Legault lors d'une conférence de presse samedi 2 novembre. Le premier ministre a parlé de «la pire situation depuis la fameuse crise du verglas de 1998».

Environ 106 000 clients d’Hydro-Québec étaient toujours sans électricité en fin de journée dimanche et le président de la société d’État, Éric Martel, a prévenu que certains d’entre eux vont encore devoir patienter jusqu’à lundi ou mardi, voire même mercredi.

Afin de rassurer la population affectée, M. Martel soutient que l’on devrait descendre sous la barre des 100 000 clients dans le noir avant minuit dimanche.

Plus de 85 % des gens privés de courant depuis le passage d’une tempête automnale vendredi ont retrouvé le service, mais les cas qu’il reste à régler sont les plus complexes et nécessitent plus de temps a expliqué le PDG d’Hydro-Québec en conférence de presse, dimanche après-midi.

Selon Éric Martel, environ 70 % des pannes qui persistent ne vont permettre de rebrancher chacune qu’une vingtaine d’abonnés. Certains clients rebranchés pourraient également être volontairement privés de service de manière temporaire dans le cadre de manoeuvres visant à permettre aux monteurs de ligne de travailler en toute sûreté.

Les régions les plus durement touchées par les pannes sont toujours les mêmes : le Centre-du-Québec (20 410 clients), l’Estrie (17 152 clients), la Montérégie (16 099 clients), les Chaudière-Appalaches (15 851 clients), les Laurentides (12 506 clients) et la Mauricie (8337 clients). Il s’agit des régions où les vents forts ont causé le plus de dommages aux arbres.

Dans ces régions, Hydro-Québec doit prioriser une cinquantaine de cas qui représentent des services essentiels, dont des hôpitaux ou des stations de traitement d’eau. Le PDG a promis que les six derniers cas sur sa liste seront rebranchés d’ici minuit.

Une centaine d’écoles du Québec ont également été touchées par des pannes et une vingtaine d’entre elles seraient toujours sans électricité. Plusieurs établissements pourraient donc demeurer fermés lundi.

En matinée, dimanche, le porte-parole d’Hydro-Québec Cendrix Bouchard suggérait aux gens privés de courant de trouver refuge chez des proches.

«Si des gens ont la possibilité de se rendre chez des membres de la famille ou encore de quitter leur résidence, c’est une bonne idée de le faire. Cependant, il faut être conscient que l’on continue de travailler dans l’optique de tenter de rebrancher tout le monde le plus rapidement possible», a-t-il proposé.

Plus de mille monteurs


Tous les employés disponibles d’Hydro-Québec ont été déployés sur le terrain pour résoudre la crise qui affecte son réseau. Selon les chiffres partagés par Éric Martel, 1400 monteurs de lignes étaient sur le terrain dimanche.

 

Des renforts venus de l’extérieur étaient également à l’oeuvre. Il s’agit de travailleurs de Détroit, d’Ottawa, de Magog et du Nouveau-Brunswick. D’autres effectifs du Connecticut pourraient s’ajouter lundi, portant le total des travailleurs à pied d’oeuvre à 1500.

Au plus fort de la crise, 990 000 foyers, commerces et entreprises étaient touchés par ces pannes. Le premier ministre François Legault a parlé de « la pire situation depuis la fameuse crise du verglas de 1998 », lors d’une conférence de presse samedi. Il a invité les citoyens touchés à trouver refuge chez des proches ou dans des centres d’hébergement, en rappelant les consignes de sécurité d’usage.

« Le nombre peut amener les gens à faire un rapprochement, c’est-à-dire en 1998 il y avait 1,5 million de personnes et cette fois-ci près d’un million de clients privés d’électricité », a reconnu le porte-parole d’Hydro-Québec. Cendrix Bouchard a tenu toutefois à faire une distinction entre la situation actuelle et la crise du verglas de 1998.

« La comparaison s’arrête au nombre parce qu’en 1998, c’était vraiment une panne sur notre réseau de transport, notre réseau de transmission avec des pylônes en acier qui ont cédé sous le poids de la glace. Cette fois, c’est notre réseau de distribution qui repose sur des poteaux de bois, près des résidences, qui a été affecté », a-t-il précisé.

« Les vents ont tout simplement cassé les branches des arbres qui sont entrées en contact avec notre réseau à 2500 points, donc c’est ce qui a causé ces pannes. »

Par ailleurs, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a réitéré ses appels à la prudence, notamment près des fils électriques.

« Ne vous approchez pas des fils en réparation. Ne tentez pas de vous improviser monteur en ligne. C’est dangereux. Ne restez pas à proximité des équipes de travail qui sont dans des situations dangereuses pour le commun des citoyens », a-t-il dit.