Le début d’une nouvelle ère politique

Le Devoir Collaboration spéciale
François Legault entouré de sa famille le jour de son élection.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir François Legault entouré de sa famille le jour de son élection.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le gouvernement Legault a célébré, il y a un peu plus d’un mois, le premier anniversaire de son élection. Les caquistes ont eu une première année au pouvoir chargée, qui a marqué le début d’une nouvelle ère politique au Québec. L’état du Québec 2020 propose des analyses des effets à anticiper de la victoire historique de la Coalition avenir Québec (CAQ).

L'élection de la CAQ le 1er octobre 2018 a marqué la fin d’une alternance ininterrompue d’une cinquantaine d’années au pouvoir entre le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ). Encore plus qu’un changement de parti, l’élection de François Legault comme premier ministre marque un tournant dans le débat politique au Québec, qui ne s’articule plus seulement autour de l’axe souverainisme-fédéralisme. Un nouveau nationalisme décomplexé caractérise plutôt le gouvernement Legault, et les Québécois ne semblent pas s’en formaliser.

Le « moment Legault »

Chroniqueur au quotidien Le Devoir, Michel David compte parmi les auteurs ayant contribué à cette 24e édition de L’état du Québec. Plus qu’un simple bilan de l’an 1 du gouvernement Legault, il retrace dans un texte captivant l’histoire de la première année au pouvoir de la CAQ, rappelle ses réalisations principales, revient sur les défis auxquels ont fait face ses élus, et propose une analyse de ce qu’il nomme le « moment Legault ». Un « moment Legault » qui est peut-être en cours, mais qui pourrait aussi, selon le chroniqueur, être à venir. Une première année au pouvoir en outre marquée par des débats sur la laïcité et l’immigration, l’environnement, l’éducation, mais aussi par une lune de miel prolongée, résultat de l’effondrement du PLQ et du PQ, qui sont toujours à la recherche de leur nouveau chef.

Le débat sur la laïcité aura d’ailleurs teinté le début du mandat caquiste, et la Loi sur la laïcité de l’État risque de défrayer la manchette encore longtemps. La contribution de Solange Lefebvre, titulaire de la Chaire de recherche en gestion de la diversité culturelle et religieuse à l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal, sur différents modèles de laïcité qu’on retrouve dans le monde, est dans ce contexte fort à propos.

La démarche non partisane sur les agressions sexuelles et la violence conjugale

Au nombre des réalisations phares du gouvernement Legault, il y a la démarche non partisane sur les agressions sexuelles et la violence conjugale à laquelle des élues des quatre formations politiques représentées à l’Assemblée nationale du Québec sont parties. La ministre Sonia LeBel ainsi que les députées d’opposition libérale Hélène David, solidaire Christine Labrie et péquiste Véronique Hivon signent d’ailleurs un texte inédit sur les défis et occasions inhérents au travail non partisan. Proposant plus qu’une description de leur mandat, les quatre élues mettent en lumière certains aspects inconnus du travail des parlementaires, et plaident, en prenant appui sur leur propre expérience, pour une meilleure collaboration entre partis et pour une plus grande représentation des femmes en politique. Le débat public, disent-elles, en serait enrichi.

L’éducation, une question incontournable

Promesse électorale importante de la CAQ, la mise en place d’un réseau de maternelle 4 ans universelle ne fait pas l’unanimité. En entrevue à l’automne 2018, François Legault avait affirmé être prêt à démissionner advenant le non-respect de cet engagement par son gouvernement. C’est finalement à l’hiver 2019 que la CAQ a présenté un projet de loi visant le déploiement de la maternelle 4 ans universelle à temps plein dans le but de favoriser la préparation à l’école des enfants.

Professeure associée au Département d’éducation et formation spécialisées et au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal, Christa Japel s’est penchée sur cette mesure dans L’état du Québec 2020 en posant la question suivante : S’agit-il d’un bon investissement de fonds publics pour favoriser la préparation à l’école des enfants ? Force est de constater, selon l’experte, que la pertinence du déploiement à grande échelle de ce nouveau programme doit être remise en question.

Le gouvernement Legault a également manifesté son intention de revoir le programme Éthique et culture religieuse (ECR) offert aux élèves du secondaire dans les écoles québécoises. Pour Olivier Lemieux, chargé de cours à l’Université Laval et à l’Université de Sherbrooke, cette réforme annoncée permettrait de faire d’une pierre deux coups en favorisant le développement de la pensée politique à l’école, dans un moment dit de « déclin du politique ». Pour contrer ce phénomène, l’auteur juge qu’une éducation politique est cruciale pour doter les citoyens des outils nécessaires à une meilleure compréhension de la politique, et que la réforme du cours ECR constitue l’occasion idéale de remédier à ce problème.

Incontournable, l’élection de la CAQ est certainement de nature à changer le Québec, et L’état du Québec 2020 présente des analyses qui permettent de mesurer l’ampleur du virage proposé par ce nouveau gouvernement. Les comprendre, c’est l’une des clés pour comprendre le Québec.

À lire à ce sujet dans «L’état du Québec 2020»

CLÉ 03 – POLITIQUE PROVINCIALE

Le moment Legault, Michel David, chroniqueur au journal Le Devoir

CLÉ 05 – JUSTICE

 

Agressions sexuelles et violence conjugale : l’émergence de la démarche non partisane, Sonia LeBel, ministre de la Justice, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne et députée de Champlain, Hélène David, députée de Marguerite-Bourgeoys, Christine Labrie, députée de Sherbrooke, Véronique Hivon, députée de Joliette