Hausses demandées pour les plus bas salaires du secteur public

Les préposés aux bénéficiaires, comme les auxiliaires en santé et services sociaux ou les surveillants d’élèves gagnent au plus haut de l’échelle 22,36 $ l’heure.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les préposés aux bénéficiaires, comme les auxiliaires en santé et services sociaux ou les surveillants d’élèves gagnent au plus haut de l’échelle 22,36 $ l’heure.

Les préposés aux bénéficiaires ne sont pas les seuls employés de l’État à plus bas salaires ayant besoin d’augmentations, plaident deux grandes centrales syndicales à l’approche des négociations dans le secteur public.

« On a donné une attention particulière aux salariés moins bien rémunérés », a expliqué en entrevue, cette semaine, la présidente de la CSQ, Sonia Éthier.

Dans les propositions qu’elle présente au Conseil du trésor, la CSQ demande une hausse de 2 $ l’heure la première année et des augmentations de 3 % en 2021 et 2022. La hausse de 2 $ aura un impact plus grand pour les employés qui gagnent 20 $ l’heure que pour ceux qui gagnent 30 $, plaide la Centrale.

On parle ici d’éducateurs en service de garde, de secrétaires d’école, de surveillants, d’éducateurs spécialisés, de préposés aux élèves handicapés, d’ouvriers ou encore de concierges. Dans ces corps de métier (19 % des membres), le salaire maximum est de 25 $ l’heure ou moins.

À cela s’ajoutent les employés qui sont en début de carrière et donc aux premiers échelons salariaux (5 %).

Du côté de la CSN aussi, les demandes salariales donneront une place particulière aux plus bas salariés, selon nos informations. La Centrale va même encore plus loin que la CSQ en demandant 3 $ l’heure de plus la première année.

À l’approche de l’échéance des conventions collectives des employés de l’État le 31 mars, les syndicats présentent ces jours-ci leurs propositions de départ au Conseil du trésor.

La FTQ a déposé ses propositions lundi, la CSQ, jeudi et la CSN doit faire de même le 30 octobre.

Un souci partagé par la CSN

Les syndicats sont préoccupés par la volonté affichée par François Legault de privilégier particulièrement les professeurs et les préposés aux bénéficiaires dans la négociation par des hausses salariales dites « différenciées ».

« C’est vrai qu’il faut valoriser les emplois de préposés aux bénéficiaires, mais il n’y a pas que les préposés aux bénéficiaires qui sont des bas salariés », dit Mme Éthier. Il faut hausser les salaires « si on veut attirer et retenir les employés qui sont nécessaires au bon fonctionnement de l’école », dit-elle.

À la CSN, on signale à l’interne que, lors des consultations des membres ces derniers mois, il est apparu qu’il y avait des besoins plus grands sur le plan du salaire chez les membres qui gagnent le moins.

On parle ici, par exemple, d’auxiliaires en santé et services sociaux, de préposés aux bénéficiaires ou de surveillants d’élèves qui, au plus haut de l’échelle, gagnent 22,36 $ l’heure. Sur les 150 000 employés du secteur public représentés par la CSN, 100 000 gagnent moins de 25 $ l’heure.

La CSQ et la CSN représentent respectivement 130 000 et 150 000 des 400 000 employés des employés des secteurs public et parapublic.