Combien pèse mon panier d’épicerie en CO2?

Aurélie Lagueux-Beloin
Collaboration spéciale Unpointcinq.ca
Pour un même fruit ou légume, l’empreinte carbone varie selon le type d’agriculture et le contexte géographique.
Photo: Getty Images Pour un même fruit ou légume, l’empreinte carbone varie selon le type d’agriculture et le contexte géographique.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Une pomme, un morceau de cheddar, des croquettes de poulet, des biscuits Oreo… Chaque article de notre panier d’épicerie a une empreinte carbone différente. Mais quelle quantité de gaz à effet de serre (GES) émet chacun d’entre eux ?

« La vérité, c’est que personne ne le sait vraiment ! » s’exclame Dominique Maxime, analyste au Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG). « Personne n’est en mesure de chiffrer précisément la quantité de GES émise par votre pomme ou votre tomate. »

Pour un même fruit ou légume, l’empreinte carbone varie selon le type d’agriculture et le contexte géographique. Et ces écarts peuvent être assez importants pour faire fluctuer les émissions de CO2 dans un ordre de grandeur de 1 à 50 ! Dominique Maxime donne l’exemple des produits maraîchers. Sous un climat chaud comme le Mexique, on n’emploie pas de serres chauffées pendant six mois par année comme ici. Par contre, ces aliments vont parcourir des milliers de kilomètres pour se rendre jusqu’aux étals des épiceries québécoises.

Et si c’est un casse-tête de quantifier l’empreinte carbone d’une pomme, ça se complique encore plus pour les aliments transformés, comme les biscuits Oreo, dont les ingrédients — cacao, sucre, farine, etc. — proviennent des quatre coins du monde. Une autre bonne raison pour en manger le moins possible…

Cela dit, nous avons malgré tout réussi à trouver pour vous l’empreinte carbone de plusieurs aliments de base produits au Canada (donc pas celle du lait d’amande, produit à 80 % en Californie). Les données présentées ici sont tirées d’études scientifiques indépendantes ou financées par les producteurs. Elles ne prennent en compte que la quantité de GES émise lors de la production des aliments, et pas celle de leur transport, ni leurs effets environnementaux.

3,375 kg

C’est la quantité de CO2 émis pour chaque kilo de blé produit. La production d’un kilo de soya en émet quant à elle 0,58 kg et celle du maïs, 0,3 kg.

 

2,4 kg

C’est la quantité de CO2 émis pour chaque kilo de volaille produit. La production d’un kilo de porc en émet quant à elle 4 kg et celle de boeuf, 9,5 kg.

 

1,5 kg 

C’est la quantité de CO2 émis pour chaque kilo de lait de vache produit. La production d’un kilo de lait de soya en émet quant à elle 0,7 kg et celle du lait d’amande, 0,397 kg pour la même quantité.