Du rêve à offrir

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Le long de la route 132, en Haute-Gaspésie
Photo: Mathieu Dupuis Le long de la route 132, en Haute-Gaspésie

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Après avoir connu un léger creux ces dernières années, le tourisme d’affaires au Québec reprend de la vigueur, notamment en région. Un constat qui s’explique par un regain d’intérêt de la part des associations, entreprises et autres professionnels pour ce type d’événements, mais aussi par l’amélioration de la qualité de l’offre.

« Le tourisme d’affaires et d’autant plus important en région qu’il permet aux entreprises du secteur, notamment l’hôtellerie, d’atteindre une bonne rentabilité en dehors de la période classique du tourisme d’agrément, note Steeve Gagné, président de l’Association des professionnels de congrès du Québec (APCQ). Cela pousse les entreprises à faire les nécessaires et constantes mises à niveau de leurs infrastructures et à bonifier la formation de leur personnel. »

Or, il ajoute qu’en région tout comme dans les grands centres, l’obligation de la qualité est « le nerf de la guerre ».

Des « bibittes » sociales

Le tourisme d’affaires et de congrès se définit comme le secteur d’activité économique caractérisé par les déplacements professionnels et les voyages d’affaires effectués dans le cadre d’événements d’entreprises, d’événements pour activités de formation et d’information et d’événements pour activités commerciales ou d’entreprises, se jumelant aux activités et aux services offerts par les intervenants du domaine du voyage d’agrément. Les colloques, compétitions sportives, expositions et autres salons entrent également dans cette catégorie, tout comme les festivals dans le sens où ils abritent souvent un volet professionnel.

Ces voyages génèrent automatiquement des dépenses directes effectuées non seulement dans les lieux d’hébergement, mais également dans les restaurants, les attraits, les boutiques, chez les producteurs locaux et auprès des entreprises de transport et autres en région comme dans les grands centres urbains que sont Montréal, Québec ou encore Gatineau.

« Nous constatons que le marché en région est vigoureux et en progression en 2018 tandis qu’au niveau des trois portes d’entrée que sont Montréal, Québec et Gatineau, les résultats ressemblent à ceux de l’an passé », commente M. Gagné.

Plusieurs explications à cela, selon lui. D’une part, le contexte d’affaires, qui fait en sorte qu’après avoir délaissé ce type de grands raouts, les organisations considèrent de nouveau toute l’importance de cette expérience humaine.

« Certains ont cru que les technologies allaient tout changer, estime Steeve Gagné. Que ce n’était plus la peine de se réunir, qu’il suffisait d’échanger à distance. Mais c’était oublier que nous sommes des “bibittes” sociales et qu’à un moment donné, on a besoin de discuter face à face. »

Par ailleurs, les professionnels de l’industrie se sont adaptés. Ils ont modernisé leurs infrastructures, ils se sont agrandis pour pouvoir recevoir de plus grands événements. Surtout, les régions ont su développer leur propre personnalité.

« C’est certain que les organisateurs d’événements vont regarder les infrastructures, explique le président de l’APCQ. Est-ce qu’il y a un aéroport ? Assez de chambres d’hôtel ? Assez de salles et de capacité assez importante pour pouvoir organiser une plénière ? Mais avant d’en arriver là, ils ont une image mentale de la destination et c’est elle qui fera pencher la balance. Chaque région doit donc proposer un rêve en développant et en communiquant sur sa personnalité. »

Destination conviviale et énergique

Le coucher de soleil sur le fleuve à Rimouski, les montagnes dans Charlevoix, la route des vins en Montérégie, les décors enchanteurs, les plaisirs de la table et les activités en toutes saisons. La destination québécoise se veut toujours conviviale, accueillante et énergique, avec des particularismes ici et là. Montréal joue sur son image de ville branchée, Québec sur son patrimoine. Toutes deux attirent une clientèle d’affaires venue du reste du Canada et des États-Unis, voire, pour la métropole surtout, de l’international, quand les régions s’approprient surtout des événements à l’échelle du Québec.

« Au bout du compte, il y a peu de chances que les participants fassent beaucoup de visites, admet Steeve Gagné. Le coucher de soleil sur le fleuve, il est probable qu’ils le manqueront parce qu’ils sont bien trop occupés dans ce type d’événements. Mais si l’accueil et les infrastructures sont à la hauteur des attentes, c’est tout de même cette image mentale qui fera pencher la balance. C’est elle qui poussera un organisateur à revenir. »

En bref

Le tourisme d’affaires dans l’ensemble du Québec, c’est:

 

Plus de 600 millions de dollars de dépenses.

3443 congrès et événements, soit 66 par semaine.

Plus de 1 million de nuitées, soit près de 20 000 par semaine.

 

En région, le tourisme d’affaires, c’est :

 

100 millions de dépenses.

2084 congrès et événements.

350 000 nuitées.

 

Une activité se tenant en région :

 

dure 3 jours en moyenne.

génère 172 nuitées.

engendre des dépenses de 48 470 $.

Source : APCQ (chiffres de 2018)