Les bourses pour les futurs préposés aux bénéficiaires encore sans effet

<p>Le boursier doit s’engager à travailler durant au moins deux ans pour l’établissement qui l’a parrainé, une fois la formation réussie. Et ceux qui ne décrochent pas leur diplôme doivent rembourser les 7500$ que constitue la bourse.</p>
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Le boursier doit s’engager à travailler durant au moins deux ans pour l’établissement qui l’a parrainé, une fois la formation réussie. Et ceux qui ne décrochent pas leur diplôme doivent rembourser les 7500$ que constitue la bourse.

Les bourses de 7500 $ désormais offertes à ceux qui veulent devenir préposés aux bénéficiaires ne semblent pas avoir engendré de hausse dans les demandes d’inscription pour ces programmes, du moins pour le moment.

Les centres de formation professionnelle contactés par La Presse canadienne n’ont pas encore remarqué d’augmentation dans les demandes d’inscription pour ces programmes.

Québec espère, avec la mesure annoncée le 14 août dernier, contribuer à alléger la pénurie de préposés aux bénéficiaires qui sévit dans le réseau de la santé, particulièrement dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée.

Il offre donc 2000 bourses de 7500 $ à l’intention des intéressés. Les boursiers doivent toutefois s’engager à travailler durant au moins deux ans pour l’établissement qui les parrainera, une fois la formation réussie. Et ceux qui ne décrocheront pas leur diplôme devront rembourser la bourse.

« On sent une effervescence, mais pas nécessairement une hausse des candidatures, affirme Josée Péloquin, directrice de l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal. On essaie de démarrer des groupes spéciaux avec les CIUSS [Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux], ça fonctionne, mais ce n’est pas au niveau où on s’attendait. »

Elle explique que les conditions assorties à la bourse découragent des candidats. « D’abord, la personne doit réussir sa formation, à l’intérieur des délais prescrits, et elle doit donner sa disponibilité pendant au moins deux ans au CIUSSS qui lui aura remis la bourse. C’est sûr que ça, ça achoppe : donner deux ans de ta vie, sans pouvoir te retirer ou te rétracter… », fait valoir Mme Péloquin.

Même son de cloche dans les centres de formation professionnels ailleurs au Québec.

Au Centre de formation professionnelle Paul-Rousseau, de Drummondville, Cindia Raymond rapporte qu’« on ne voit pas de différence » dans le nombre de demandes d’admission. Les intéressés avaient jusqu’au 3 septembre et la période a même été prolongée jusqu’au 13 septembre pour faciliter les choses — en vain.

Au Centre de formation professionnelle Vision 2020, à Victoriaville, la directrice du centre, Isabelle Cantin, a indiqué qu’il n’y avait « pas d’augmentation encore » du nombre de demandes d’admission. Il y a même eu peu d’inscriptions.

Au Centre de formation professionnelle de Lévis aussi, le directeur n’a « pas constaté de vague » de demandes d’admission depuis l’annonce de ces bourses, en août.

Louise Boisvert, coordonnatrice du service des communications à la Commission scolaire des Navigateurs, qui chapeaute ce centre de formation professionnelle, a précisé que les élèves qui sont présentement en formation étaient déjà tous inscrits lorsque l’annonce des bourses a été faite. Des 19 étudiants qui forment la cohorte, 10 se sont qualifiés pour obtenir la bourse.

Les bourses « continueront sans doute de produire leur effet », vraisemblablement pour la prochaine cohorte, a dit souhaiter Mme Boisvert.