FAE: l’environnement d’abord

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
L’environnement arrive au premier rang des préoccupations de la Fédération autonome de l’enseignement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’environnement arrive au premier rang des préoccupations de la Fédération autonome de l’enseignement.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

De manière générale, l’action politique de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) se mène le plus souvent au niveau provincial. Toutefois, Alain Marois, vice-président à la vie politique, rappelle que l’organisation syndicale s’est dotée d’une plateforme sociopolitique en 2016 où aujourd’hui se discutent plusieurs enjeux de société en dehors du monde de l’éducation et qui dépassent même souvent les frontières du Québec.

Selon Alain Marois, il y a des sujets dont on ne parle pas suffisamment dans cette campagne. Parmi ceux-ci, l’environnement arrive au premier rang. « C’est un dossier dont malheureusement on ne parle pas assez malgré la grande manifestation du 27 septembre, et malgré les sondages menés auprès de la population en général qui juge l’enjeu de la première importance », lance Alain Marois tout en abordant le sujet de la fiscalité et des paradis fiscaux puisque pour la FAE, le lien avec l’environnement est évident.

« La lutte contre les paradis fiscaux est importante pour nous, explique-t-il. Elle permettrait de récupérer des sommes et de les réinjecter dans l’État et dans les différents services à la population. Cet argent pourrait servir entre autres à financer des projets de transport collectif à travers tout le pays, ce qui permettrait au Canada d’atteindre ses objectifs environnementaux. »

M. Marois souligne que c’était là une promesse des libéraux de Justin Trudeau que de réformer la fiscalité. Et au contraire, selon lui, « le gouvernement ne fait pas grand-chose pour récupérer les milliards. Il prétend devoir attendre une consultation internationale pour agir. Pourtant, des pays comme la France et l’Angleterre ont déjà mis en place des dispositifs pour se réapproprier l’argent des grandes entreprises sans attendre des mesures mondiales ».

Si au Québec la réforme du mode de scrutin a fait couler beaucoup d’encre, Alain Marois rappelle que « cet enjeu, le gouvernement libéral l’a abandonné dès le début de son mandat malgré les promesses faites à ce sujet ». Il s’étonne aussi que ce problème ne soit pratiquement pas abordé dans la présente campagne par aucun des partis.

L’ensemble de ces enjeux est important pour la FAE, et l’organisation syndicale s’attend aussi à des réalisations concrètes dans le dossier des investissements dans les combustibles fossiles : « Nous souhaitons une réelle politique qui respecte les provinces, surtout quand il est question qu’un pipeline traverse le Québec. »

Assurance médicaments et assurance-emploi

Pour les membres de la FAE, l’assurance médicaments est aussi un sujet préoccupant : « C’est ce qui coûte le plus cher dans nos régimes d’assurances qui sont assumés complètement par nos membres, fait valoir M. Marois. Les médicaments, c’est ce qui fait grimper les taux toute l’année. On souhaiterait pour le Canada, comme c’est le cas dans d’autres pays dans le monde, un régime d’assurance médicaments universel. Dans ce sens, il y a des gestes concrets qui pourraient être posés, peu importe le parti qui formera le futur gouvernement. »

D’autre part, Alain Marois espère la restitution d’une réelle assurance-emploi : « Les conservateurs ont beaucoup pigé dans la caisse, et si les libéraux ont corrigé certains éléments, il y a encore beaucoup de gens, entre autres les femmes en congés de maternité, qui sont désavantagées en ne recevant pas nécessairement les revenus auxquels elles auraient droit à cause des lois de l’assurance-emploi. »

Le vice-président en est convaincu : l’élection d’un gouvernement conservateur pourrait être néfaste pour tout ce qui a trait au monde du travail. « À l’époque où les conservateurs étaient au pouvoir, de nombreuses lois antisyndicales ont été passées et on a dû se rallier à nos collègues à travers le pays pour combattre certaines de ces lois. Il faut que le gouvernement continue de respecter le droit d’association. C’est clair, si jamais les conservateurs reviennent au pouvoir, on les aura à l’œil. »