Nouvelle hausse des signalements aux DPJ l’an dernier

Les DPJ ont précisé avoir traité 105 644 signalements en 2018-2019 dans l’ensemble du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les DPJ ont précisé avoir traité 105 644 signalements en 2018-2019 dans l’ensemble du Québec.

Les Directions de protection de la jeunesse ont encore enregistré une hausse du nombre de signalements l’année dernière.

À l’occasion de la présentation de leur bilan annuel, mercredi au cours d’une conférence de presse à Montréal, les DPJ ont précisé avoir traité 105 644 signalements en 2018-2019 dans l’ensemble du Québec. Il s’agit d’une hausse de 10 % par rapport à l’an dernier, ont-elles noté.

Et cette hausse s’additionne à d’autres au cours des cinq dernières années, a précisé Maryse Olivier, Directrice de la protection de la jeunesse de Lanaudière. Les augmentations n’ont cependant pas toujours été aussi importantes que 10 pour cent en un an.

Assunta Gallo, du CIUSSS Centre-Sud de l’île de Montréal (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux), a toutefois apporté un bémol: la portée de la loi a été étendue au fil des ans.

« On n’a pas une réponse définitive qui peut expliquer la hausse, mais on a plusieurs hypothèses: entre autres, on a eu des modifications en 2007 de la loi et on a inscrit quatre nouvelles catégories à la loi, soit le risque de négligence, le risque d’abus physique, le risque d’abus sexuel et le mauvais traitement psychologique. Une des hypothèses, c’est qu’en élargissant l’étendue de la loi, ça se peut que ça ait eu un impact, mais on ne le sait pas encore », a-t-elle noté.

Motifs Du nombre, 41 530 signalements ont été retenus.

Parmi ces signalements qui ont été retenus, environ 26 % l’ont été pour abus physique, 21 % pour négligence, 17 % pour mauvais traitements psychologiques et 11 % pour risque sérieux de négligence. Les autres motifs concernent chacun moins de 10 % des cas, soit troubles de comportement sérieux, risque sérieux d’abus sexuel, abus sexuel, risque sérieux d’abus physique et abandon.

Ces données équivalent à 289 situations d’enfants signalés par jour. Il s’agit de 26 de plus que l’an dernier, chaque jour.

Le bilan annuel des DPJ fait état de la nécessité d’investir aussi en prévention, dans le milieu scolaire ou des services de garde. « On pense que dans les moyens pour aider les familles vulnérables et les enfants, c’est qu’il faut aussi renforcer le volet de la prévention, donc qu’on puisse travailler déjà en amont », avant que l’enfant se retrouve dans le système de protection de la jeunesse, a fait valoir Mme Olivier.

Recrutement et réinvestissements Par ailleurs, les DPJ sont en période de recrutement de personnel pour des travailleurs sociaux, criminologues, agents de relations humaines, par exemple.

De l’argent a d’ailleurs été réinjecté dans le système, l’été dernier, par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

« Dans l’historique de la Loi de la protection de la jeunesse, on n’a jamais vu un investissement de cette sorte avant. On a eu un investissement de 47 millions durant l’été et un 18 millions avant ça. C’est un investissement qui a été fait et qu’on n’a jamais vu, à travers les 40 ans de l’application de la Loi de la protection de la jeunesse », a relevé Mme Gallo.