À Madagascar, «le pape des pauvres» plébiscité

À Madagascar, la cinquième île du monde en superficie, les neuf dixièmes des 25 millions d’habitants survivent avec moins de deux dollars par jour.
Photo: Marco Longari Agence France-Presse À Madagascar, la cinquième île du monde en superficie, les neuf dixièmes des 25 millions d’habitants survivent avec moins de deux dollars par jour.

« La pauvreté n’est pas une fatalité ! » : à Madagascar, l’un des pays les plus déshérités au monde, le pape François a attiré dimanche des centaines de milliers de personnes à une messe puis a rendu un hommage vibrant à une cité modèle procurant un toit et du travail aux exclus.

Une messe géante, attendue avec ferveur par les habitants de la grande île, a rassemblé un million de fidèles, selon les organisateurs, massés en lisière de la capitale, Antananarivo. Devant eux, le pape argentin a appelé à « construire l’histoire dans la fraternité et la solidarité, dans le respect gratuit de la terre et de ses dons, contre toute forme d’exploitation ».

Surtout, François s’en est pris « à certaines pratiques qui aboutissent à la culture du privilège et de l’exclusion », comme le favoritisme donné aux liens de parenté. « Le pape a évoqué le mal de ce pays, [à savoir qu’] il faut avoir des pistons partout pour réussir dans la vie. Vos diplômes ne sont pas suffisants pour réussir », a confirmé Mathilde Vero, une mère de famille de 39 ans.

Le pape a évoqué le mal de ce pays, [à savoir qu’] il faut avoir des pistons partout pour réussir dans la vie

À Madagascar, la cinquième île du monde en superficie (587 000 km2), les neuf dixièmes des 25 millions d’habitants survivent avec moins de deux dollars par jour. Beaucoup d’habitants ne mangent pas à leur faim et nombre d’enfants ne vont pas à l’école.

Le pape argentin, visiblement aux anges, est ensuite venu apprécier la cité modèle d’un compatriote, le père Pedro Opeka, qui fut son élève au séminaire. L’endroit incarne au plus près le message central de son pontificat, tourné vers les exclus et révolté contre les inégalités sociales. Le fondateur de la cité d’Akamasoa («Bons amis» en malgache) a sorti des milliers de personnes de la misère en créant sur les immondices d’une ancienne décharge une ville de 25 000 habitants. Il est décrit comme «le bras de Dieu», voire «le deuxième pape» par ceux qui lui doivent une vie meilleure.