Le maire d’Oka présente ses excuses au grand chef de Kanesatake

Le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, et le maire d'Oka, Pascal Quevillon, lors des cérémonies marquant le 25e anniversaire de la crise d'Oka en 2015
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, et le maire d'Oka, Pascal Quevillon, lors des cérémonies marquant le 25e anniversaire de la crise d'Oka en 2015

Une démarche de réconciliation entre le maire d’Oka et le grand chef de Kanesatake a été entreprise jeudi au second jour du Sommet des Premières Nations et des municipalités qui se déroule dans la région de Québec.

Selon plusieurs médias, le maire d’Oka, Pascal Quevillon, a présenté au grand chef du Conseil de bande mohawk de Kanesatake, Serge Simon, les excuses qu’il attendait pour des propos exprimés au début de l’été.

Après quelques mois de vives tensions, les deux hommes se sont présentés côte à côte devant les journalistes pour confirmer leur volonté de travailler ensemble afin de résoudre leurs différends à propos des enjeux qui concernent les deux communautés. 

Ils étaient accompagnés de Konrad Sioui, grand chef de la réserve huronne de Wendake.

Le grand chef Simon, qui était souriant, a salué le maire d’Oka, affirmant qu’il avait démontré beaucoup de courage en s’engageant dans une démarche de rapprochement.

Pour sa part, Pascal Quevillon a reconnu qu’il était temps pour les deux leaders de tourner la page et de regarder en avant pour le bien des deux communautés, car c’est pour cela qu’ils ont été élus. Le maire était émotif en s’adressant brièvement aux journalistes.

Au début de l’été, le maire Quevillon avait offensé de nombreux Autochtones en exprimant sa crainte d’être enclavé par Kanesatake lors d’une démarche de rétrocession de terres. Il avait alors affirmé que la valeur des propriétés d’Oka diminuerait et avait fait craindre une hausse du nombre des marchands de cannabis et de cigarettes.

Le grand chef Simon lui a ensuite maintes fois demandé de s’excuser, mais en vain. Il lui a reproché d’utiliser un langage colonialiste et d’avoir tenu des propos racistes dans son opposition à la rétrocession de terres aux Autochtones.

Il y a cinq semaines, le grand chef de Kanesatake et le maire d’Oka ont participé à Montréal à des entretiens séparés avec Marc Miller, le secrétaire parlementaire de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, et la ministre québécoise des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours.

Les deux hommes ne s’étaient pas parlé directement et M. Simon avait annoncé qu’il rompait toute communication avec son vis-à-vis tant que ce dernier n’offrirait pas d’excuses.

Vendredi, le grand chef Simon a affirmé aux côtés du maire Quevillon qu’ils avaient tous deux bénéficié de l’appui des autres élus de leurs communautés respectives pour enclencher leur rapprochement.