Lac-Mégantic: le triage des wagons sera déplacé

Les activités actuelles de Nantes et Frontenac seront intégrées projet global de voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les activités actuelles de Nantes et Frontenac seront intégrées projet global de voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic.

Les gouvernements du Canada et du Québec ont annoncé le déplacement des activités ferroviaires de Nantes et de Frontenac, dans les Cantons-de-l’Est, vers le parc industriel de Lac-Mégantic afin d’éliminer l’entreposage et le triage de wagons dans ces deux localités.

Cette annonce survient quelques jours après le déraillement mineur d’un wagon d’un convoi de marchandises entre Nantes et Lac-Mégantic. Cet épisode a ravivé de douloureux souvenirs dans la région, six ans après la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic qui avait fait 47 morts.

Le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, Robert Bellefleur, admet qu’il a des « sentiments partagés » à la suite de cette annonce conjointe de Québec et d’Ottawa, pourtant fort attendue par la population.

« On se questionne à savoir s’il y a un lien entre le quasi-déraillement de la fin de semaine et l’annonce à deux semaines d’avis du début de la campagne électorale », explique M. Bellefleur en entrevue téléphonique.

Entente

L’an passé, les deux ordres de gouvernement avaient confirmé s’être entendus sur le financement de la voie de contournement, qui devrait être réalisée d’ici 2022.

Mais ça ne venait pas éliminer le danger des trains stationnés en haut des pentes, soutient M. Bellefleur. Le déplacement du triage tel qu’annoncé mercredi réglera ce problème.

Les activités présentement effectuées à Nantes et à Frontenac seront intégrées aux plans et devis du projet global de voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic.

La tragédie ferroviaire de juillet 2013 avait été causée par un convoi de pétrole brut qui avait été stationné à Nantes, en haut de la pente. Le train mal immobilisé avait ensuite dévalé la côte avant de dérailler à haute vitesse à Lac-Mégantic et de causer un incendie qui avait fait 47 morts et causé la destruction du centre-ville.

Le financement du déplacement des activités ferroviaires de Nantes et de Frontenac vers le parc industriel de Lac-Mégantic sera assumé à 60 % par le gouvernement du Canada et 40 % par le gouvernement du Québec.

La Ville de Lac-Mégantic avait affirmé que ce déplacement des activités ferroviaires de triage et d’entreposage faisait consensus dans la région.

Plus d’annonces conjointes

Par ailleurs, la diffusion d’un communiqué de presse pour l’annonce de Lac-Mégantic, mercredi, survient au moment où le gouvernement du Québec a émis une nouvelle directive à la veille des élections fédérales.

Le bureau du premier ministre, François Legault, a confirmé à La Presse canadienne que son gouvernement ne participe à « aucune annonce publique » avec le gouvernement fédéral depuis lundi dernier.

« Nous avons fait ce choix compte tenu de la rentrée politique et de la période préélectorale qui bat son plein », explique Ewan Sauves, l’attaché de presse de M. Legault, en citant pour exemple les nombreuses publicités partisanes des partis fédéraux.

« Comme le premier ministre l’a dit à plusieurs reprises, nous ne favorisons aucun chef, aucun parti politique, et nous travaillerons de manière constructive avec le prochain gouvernement du Canada en octobre prochain, quel que soit le parti qui l’emporte », ajoute M. Sauves.

Du côté du bureau du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, on explique cette absence de conférence de presse à Lac-Mégantic par un agenda trop chargé.

M. Garneau était de passage sur la Côte-Nord, mercredi, pour annoncer un investissement de près de 7,5 millions de dollars pour la réalisation d’une étude de faisabilité du projet ferroviaire de QcRail, entre Baie-Comeau et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« Nous voulions annoncer la relocalisation officielle le plus rapidement possible parce que nous savons que c’est important pour les Méganticois », justifie Delphine Denis, l’attachée de presse de M. Garneau.