Des Hongkongais écartés du défilé de Fierté Montréal

L’un des sympathisants de Free HK MTL a reçu un courriel de la part de Fierté Montréal annonçant que les autorités policières avaient conseillé de retirer les Hongkongais de l’événement pour des raisons de sécurité.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’un des sympathisants de Free HK MTL a reçu un courriel de la part de Fierté Montréal annonçant que les autorités policières avaient conseillé de retirer les Hongkongais de l’événement pour des raisons de sécurité.

Des membres de la communauté LGBTQ+ d’origine hongkongaise censés participer au défilé de la Fierté de Montréal le 18 août dernier ont été exclus par les organisateurs en raison de « tentative potentielle de sabotage du défilé par les procommunistes ».

Dans un courriel reçu par Le Devoir, un membre du groupe Facebook Action Free Hong Kong Montreal (Free HK MTL), Guy Ho, dénonce l’annulation de la participation de 20 membres LGBTQ+ et sympathisants de Free HK MTL en raison de « la menace potentielle d’agressions nationalistes chinoises ».

Il raconte que, la veille du défilé, l’un des sympathisants a reçu un courriel de la part de Fierté Montréal annonçant que les autorités policières avaient conseillé de retirer les Hongkongais de l’événement pour des raisons de sécurité. « Il semble que certains groupes aimeraient intervenir dans le défilé pour protester contre votre participation », peut-on lire dans le courriel envoyé par Fierté Montréal à Free HK MTL et consulté par Le Devoir. « Compte tenu de la présence de personnalités publiques, y compris de premiers ministres, nous devons malheureusement vous retirer du défilé pour des raisons de sécurité. Les autorités policières ont été très claires sur cette question », poursuit-on.

« En tant que Hongkongais, on était tellement excités de pouvoir participer à ce défilé parce que ce serait la première fois où un groupe de la communauté LGBTQ + de Hong Kong marche avec Fierté Montréal », explique Guy Ho, qui raconte s’être marié il y a huit ans avec son conjoint à Vancouver. Il ajoute que lui et d’autres membres de Free HK MTL désiraient faire avancer la cause LGBTQ+ dans l’ancienne colonie britannique. « Ce n’est toujours pas possible de se marier quand on est du même sexe à Hong Kong », déplore-t-il.

« Nous, on voulait marcher juste pour la cause LGBTQ+ », soutient M. Ho. Selon lui, le fait de soutenir les manifestations prodémocratie ayant actuellement lieu à Hong Kong lors du défilé « ne serait pas approprié ».

Le vice-président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreault, a confirmé à La Presse canadienne que les organisateurs du défilé ont révoqué le droit de participer du groupe hongkongais après avoir reçu au moins dix menaces de personnes opposées à leur présence. Il a ajouté que la décision avait été prise afin d’assurer la sécurité de l’événement, sans qu’il soit perturbé par des enjeux géopolitiques sans lien avec les droits de la communauté LGBTQ +.

Contacté par Le Devoir, un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Jean-Pierre Brabant, a indiqué qu’« aucune demande n’a été faite, aucun conseil n’a été donné à Fierté Montréal ». Au moment d’écrire ces lignes, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’avait pas encore rappelé Le Devoir.

Avec La Presse canadienne